25Jan
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Histoire

1919-2019: la rétrospective littéraire de Christian

Il y a cent ans, 1919: l’année du Traité, la fin d’un rêve, espoir en Afghanistan et désespoir aux États-Unis

1919, l’année du traité

Des arabes se sentant floués, des Américains qui décident que, finalement, ils vont recommencer à faire bande à part, une guerre qui va reprendre vingt ans plus tard : il a bien mauvaise réputation ce Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919.

Et, pourtant, ils ont réalisé de grandes choses les délégués des 27 pays (les vaincus de la Grande Guerre, dont l’Allemagne, ne participent à aucune des décisions) réunis à Paris, depuis le 18 janvier 1919 : la création d’une Société des Nations (la SDN) et d’un Bureau international du Travail, des mandats à la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Afrique du Sud, le Japon pour administrer les anciennes possessions allemandes en Afrique et dans le Pacifique (les habitants de ces territoires n’étant considérés, pour le moment, pas assez «matures » pour gérer leur propre destin), et ce « diktat », cette attribution, à l’Allemagne, de la responsabilité du conflit qui s’est terminé l’année précédente. À elle de payer les réparations.

Un essai, Lloyd George, de James McCearney, qui va être publié, cet hiver, chez l’éditeur Pierre-Guillaume de Roux, nous fait découvrir le premier ministre britannique, l’un des trois principaux représentants (avec le président américain Wilson et le Français Clémenceau) à cette rencontre des puissances victorieuses. Les éditions Perrin réédite aussi, cet hiver 2019, La paix, un témoignage d’André Tardieu, bras droit de Georges Clémenceau, et principal négociateur français du Traité de Versailles, où il narre, de l’intérieur, la gestation et la difficile élaboration de ce traité.

Ils ont fait la paix : le traité de Versailles vu de France et d’ailleurs, un recueil, dirigé par Serge Berstein, publié aux éditions Les Arènes, à l’automne 2018, rassemblant des textes d’historiens originaires de six des pays signataires, et une nouvelle édition, à l’hiver 2019, par Jean-Jacques Becker, du Traité de Versailles chez Que-sais-je (le numéro 3643) tentent de nous donner une vision plus positive sur cet accord traditionnellement rendu responsable de la Seconde Guerre mondiale.

L’historienne canadienne Margaret MacMillan, dans sa merveilleuse étude publiée en 2006 (en Livre de poche depuis 2008) Les Artisans de la paix : Comment Lloyd George, Clémenceau et Wilson ont redessiné le monde, l’ouvrage à lire absolument sur cette conférence sur la Paix de Paris de 1919, livre cette réponse catégorique : « Hitler n’a pas fait la guerre à cause du Traité de Versailles, bien que l’existence de celui-ci ait été une aubaine pour sa propagande ». Ce qu’il voulait, c’était de l’espace vital, à l’Est, pour les peuples germaniques. Le Traité de Versailles n’a rien à y voir là-dedans.

Cette Conférence de Paris a tout de même commis de multiples erreurs, admet MacMillan, notamment cette décision prise à la légère de laisser, en mai 1919, les Grecs débarquer à Smyrne (l’actuel Izmir), en Turquie. Le grand rêve, la Megali Idea du premier ministre grec Eleftherios Venizelos, de recréer un empire byzantin, d’Athènes à Constantinople, va se terminer, deux ans plus tard, en grande catastrophe : la fin d’une présence grecque, plusieurs fois millénaires, en Asie mineure (deux fictions récentes relatent cette tragédie : Le chant de Smyrne : il y a cent ans, la fin tragique de la Perle du Levant, de Roland Godel, chez l’Harmattan, et Terres de sang de Dido Sotiriou, chez Cambourakis), ravivant un sentiment national turc alors à son plus bas, un sursaut qu’exploitera, par son leadership, le général Mustapha Kemal, dit Atatürk. Un portrait de ce dynamique militaire et homme d’État : Atatürk : naissance de la Turquie moderne, par Fabrice Monnier, est paru récemment, en 2017, chez l’éditeur universitaire CNRS, dans sa collection Biblis.

Il y a eu d’autres erreurs aussi coûteuses, des erreurs constatés par un jeune représentant britannique, John Maynard Keynes, qui quitte, dégoûté, cette conférence de Paris avant la signature, et qu’il dénonce dans un bouquin, publié avant le Noël 1919 : Les conséquences économiques de la Paix. Ces erreurs serviront, en fait, de leçons utiles pour cette recherche de paix durable, après une autre guerre mondiale, en 1945. Le contexte, aussi est différent, après cette Seconde Guerre mondiale. La victoire est , cette fois-ci, décisive, incontestable. L’Allemagne, envahie, est totalement écroulée. Les États-Unis, jouant le rôle majeur dans ce triomphe, va mener la danse (sans crainte du retour à l’isolationnisme de 1919). Le mot d’ordre n’est plus à la vengeance, mais à la reconstruction.

Margaret MacMillan prend finalement soin de souligner le défi que devait surmonter ces gens qui souhaitaient honnêtement bâtir un monde meilleur : « comment maîtriser deux passions irrationnelles : le nationalisme et la religion ». Cela a mener à une décision qui, un siècle plus tard, semble discutable : l’éclatement de l’Empire austro-hongrois, Cela aurait pu être pire.

Clémenceau, désabusé, l’a bien souligné : « Il est plus aisé de faire la guerre que de faire la paix ».

 


 

• 1919, la fin d’un rêve

L’an 1919, c’est aussi la fin d’un rêve, celui d’une révolution mondiale.

En Allemagne, au mois de janvier, les corps-francs, et d’autres mouvements nationalistes ou d’extrême-droite, assassinent Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, les leaders du mouvement spartakiste, ainsi que des milliers d’autres personnes, éliminant définitivement les germes d’une révolution ouvrière (cette « révolution avortée de 1916-1919 » nous est narré dans l’ouvrage de Gilbert Badia, réédité en 2008, chez Aden éditions, Les spartakistes : 1918, l’Allemagne en révolution, tandis que l’œuvre émancipatrice de Rosa Luxembourg est mise en valeur dans le recueil d’essais de Michael Löwy, paru cet hiver 2019 au Temps des cerises, Rosa Luxembourg : l’étincelle incendiaire), tandis qu’en Hongrie le leader communiste Béla Kun, qui a pris le pouvoir en mai, finit par se mettre tout le monde à dos par des réformes aussi spectaculaires qu’inexplicables (églises transformées en cinémas, standardisation des tombes, bains obligatoires,…). C’est toutefois une coalition d’ennemis extérieurs très nombreux (Roumains, Tchèques, Serbes,…) qui va régler son compte, après 133 jours d’Hongrie Rouge. On peut lire, à ce sujet, l’ouvrage de Miklos Molnar, paru en 1996, aux Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, De Béla Kun à Janos Kadar : soixante-dix ans de communisme hongrois.

La Russie bolchévique, malgré la menace des armées blanches sur son propre territoire, voulait bien venir en aide à ces révolutionnaires. Elle devait toutefois le faire en passant par la Pologne (« C’est par le cadavre de la Pologne blanche que s’ouvre la route vers la révolution mondiale »), une Pologne renaissante, l’un des résultats « positifs » de cette Conférence de Paris (grâce, entre autres, au rôle actif d’un grand artiste, le pianiste Paderewski ; une biographie d’Ignace Paderewski et la renaissance de la Pologne en 1919, d’Anita Prazmowska, paru en 2015, au Noir sur blanc, nous le fait découvrir), qui n’a nullement l’intention de servir de pont entre la révolution allemande ou hongroise, et la révolution bolchévique. En fait, c’est cette Pologne « blanche » qui va attaquer d’abord, menant des offensives en Ukraine, ou vers la Lituanie, cherchant à « garantir » son indépendance, ou récupérer d’autres territoires. S’en suivront deux ans de guerre, faits de retraites, d’un effondrement quasi fatal, de contre-offensives (des campagnes, narrées, du côté soviétique, par Isaac Babel dans son Cavalerie rouge, réédité, tout récemment, tant chez Gallimard que chez cet autre éditeur parisien Pierre-Guillaume de Roux), ou deux étrangers, venus en aide à cette Pologne menacée, vivront de drôles d’expérience : un jeune officier français du nom de Charles de Gaulle, et un aviateur américain Merian C. Cooper, l’un des futurs créateur du film King Kong.

 


 

• 1919, espoir en Afghanistan, désespoir aux États-Unis

Ça se bat donc partout, dans les rues de Berlin, sur les rives de la Crimée, dans les monts de Transylvanie, en cette année 1919, l’année de la Paix, à Versailles. Ça se bat aussi en Asie, aux frontières de l’Empire des Indes. Une troisième guerre anglo-afghane se déroule, entre le 6 mai et le 8 août 1919. Les Britanniques peuvent prétendre à une victoire tactique, repoussant les tribus afghanes à l’aide, entre autres, de l’aviation. Mais les Afghans clament une victoire politique, lors du traité de Rawalpindi, récupérant le contrôle de leur politique étrangère. Une décision heureuse : un demi-siècle, inespéré, de relative tranquillité dans ce coin du monde va s’en suivre.

C’est une décennie de tumultes, tant dans bien des villes qu’aux frontières, qui débute aux États-Unis alors qu’on adopte le Voldstead Act, ce XVIIIe amendement à la Constitution (ratifié le 16 janvier 1919, et appliqué le 16 janvier 1920) mettant en vigueur la prohibition de l’alcool (un amendement qui ne prohibe pas la consommation, mais qui interdit la production, la distribution et la vente d’alcool aux restaurants et aux bars). Cet amendement qui va faire la richesse des gangsters et contrebandiers, et transformer en légendes des crapules (comme ce Al Capone, dont l’autobiographie Ma vie est l’objet d’une réédition toute récente chez La Manufacture de livres) va, finalement, victoire du « bon sens », être rendu caduc par le Blaine Act (le XXIe amendement),le 17 février 1933. Quoi de mieux que Tintin en Amérique d’Hergé pour savourer tout le grand-guignolesque (dont le Canada a échappé de peu, ne l’oublions pas, dans les années 1890, lors d’un référendum gagné, mais non mis en application, par les prohibitionnistes) de cet ère de la prohibition.

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