9Mar
Christian Vachon
Histoire

En 1968, il y a cinquante ans, ça brasse pas mal au Québec

Ça brasse pas mal au Québec en 1968.

Ça débute d’abord par un envahissement des ondes. Le 22 février 1968, il y a cinquante ans, Radio-Québec vient au monde par une simple mise en vigueur d’une loi votée en 1945. Le nouveau-né n’est guère turbulent.

L’office de radio-télédiffusion du Québec, sans aucun canal, se contente d’abord de produire une série radio sur l’histoire du Québec, En montant la rivière, et une série éducative pour enfants devenue mémorable, Les Oraliens. Il faudra attendre en 1974 pour que Radio-Québec diffuse (d’abord deux heures par jour) sa programmation sur sa propre station (si vous parveniez, à Québec, à ajuster le « 35 » sur la « roulette » UHF de votre téléviseur).

L’État québécois envahit également, à la fin de l’année, les champs de l’enseignement supérieur. En décembre 1968, la loi 88 est votée à l’Assemblée nationale créant une université publique et d’État (et laïque, par opposition aux autres universités québécoises) en réseau. L’ouverture des premiers campus (à Montréal, à Chicoutimi, et à Trois-Rivières) de cette « université du Québec » est prévue en septembre 1969.

Il y a cinquante ans, le 6 avril 1968, point final d’une lutte chaudement disputée entre dix aspirants : Pierre-Elliott Trudeau est élu, au quatrième tour, à la convention à la chefferie du Parti libéral fédéral. Il est assermenté premier ministre, le 20 avril 1968, en remplacement d’un Lester B. Pearson démissionnaire. P.E.T. aime provoquer. Il se pointe sur l’estrade d’honneur, lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste, à Montréal, le 24 juin, suscitant l’indignation des nationalistes québécois, et du R.I.N. de Pierre Bourgault. Tous souhaitent manifester leur colère face à ce traitre fédéraliste, ce « mange québécois ». Policiers  fédéraux et municipaux vont, brutalement, faire taire ces opposants. Ça brasse pas mal ce soir là. Claude Jean Devirieux, journaliste à Radio-Canada (suspendu par la suite pour avoir raconté vraiment ce qu’il se passait) baptisera cette journée de « lundi de la matraque ». Faisant fi du grabuge, Trudeau refuse de se retirer : « Je veux voir ce qui va se passer ». Son arrogance s’avère payante. Le lendemain, 25 juin, son parti obtient la majorité des sièges lors de l’élection fédérale (155 députés libéraux contre 77 conservateurs, 22 néo-démocrates et 12 créditistes).

Entre-temps, le 1er juin 1968, était disparu, mort d’une rupture d’anévrisme, un grand intellectuel québécois, André Laurendeau, qui aurait bien aimé affronter idéologiquement le nouveau premier ministre. Cet ancien rédacteur en chef du Devoir, né le 21 mars 1912, à Montréal, fondateur, en 1942, du Bloc populaire, opposé à la conscription, présidait, depuis 1963, avec Davidson Dunton, une commission fédérale itinérante sur le bilinguisme et le biculturalisme. André Laurendeau rêvait d’un Canada binational où règnerait une véritable égalité culturelle et politique entre francophones et anglophones. Trudeau va travestir ce biculturalisme souhaité par Laurendeau en « multiculturalisme ».

Un autre leader ayant une vision fort décentralisée de la fédération canadienne meurt, il y a cinquante ans, au cours de l’automne 1968. Dans la nuit du 26 septembre, le premier ministre Daniel Johnson (père) décède d’une crise cardiaque lors d’une visite au barrage en construction Manic 5 (Antonio Barrette, autre ancien chef de l’Union nationale, et bref premier ministre –malgré lui–, il sera battu aux élections par le libéral Jean Lesage, du 8 janvier au 5 juillet 1960, mourra lui-aussi à la fin de l’année, le 15 décembre 1968, à Montréal). Le fougueux (il avouait, lors d’une conférence de presse, le jour précédent son décès, se sentir « dangereusement bien ») et surprenant leader unioniste, au sang partiellement irlandais, né le 9 avril 1915 à Danville, militait pour une plus grande autonomie du Québec. Il avait publié, en 1965, son programme intitulé Égalité ou indépendance qu’il résumait en cette sentence choc : « L’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l’indépendance ».

Il sont de plus en plus nombreux, toutefois, au Québec, en cet automne 68, à préférer l’indépendance à l’égalité.

Il y a cinquante ans, lors d’un congrès tenu au Colisée de Québec du 11 au 14 octobre 1968, naît, de la fusion du MSA (Mouvement souveraineté-association) de René Lévesque et du Ralliement national de Gilles Grégoire, le Parti québécois, déjà fort de 14 280 membres rêvant d’un Québec libre. Le premier volume du Gouvernement Lévesque de l’historien Jean-Charles Panneton, titré De la genèse du PQ au 15 novembre 1976 et publié chez Septentrion à l’automne 2016, nous relate toutes les péripéties menant au ralliement, sous une même bannière, des nationalistes et des indépendantistes issus de différentes mouvances idéologiques.

En fait, certains vont préférer le sabordage plutôt qu’une adhésion formelle. Deux semaines après ce congrès, le 26 octobre 1968, Pierre Bourgault et André D’Allemagne proposent la dissolution du R.I.N., le « pur et dur » Bourgault croyant voir en ce PQ « une renaissance plutôt qu’un enterrement » du rêve indépendantiste.

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