6Mai
Christian Vachon
BD

Astérix le Gaulois : les 60 ans d’une histoire d’amour

Pourquoi est-il si génial Astérix ?   Pourquoi le premier album, et les autres qui vont suivre, continuent-ils à nous faire rire soixante ans plus tard ?   Un numéro hors-série des Cahiers de la BD : Astérix le Gaulois : la naissance d’un mythe (disponible chez votre libraire Pantoute) nous dévoile les secrets de cette histoire d’amour avec le lectorat :  les «recettes comiques inépuisables », les « astuces visuelles », les « nombreux messages cachés »

Nicolas Tellop, principal collaborateur de ce cahier spécial,  y inclut un autre élément à cette « potion magique » :  « La beauté d’Astérix le Gaulois réside dans cette capacité à avoir allumé une flamme au sein de l’imaginaire collectif qui jamais ne s’est éteinte ».  « On ne finit jamais de redécouvrir Astérix »,  et les multiples trouvailles d’Astérix le Gaulois : la naissance d’un mythe nous le prouve une fois de plus.

Aux origines de ce mythe : un scénariste, René Goscinny, revenu en Europe, au milieu des années cinquante, après un long, très long séjour dans les Amériques.  Fervent d’humour anglo-saxon, il va appliquer un traitement burlesque du type Mad (il a côtoyé, à New York, les collaborateurs de cette revue de bande dessinée américaine, née au début des années cinquante) à une histoire de France «revisitée par un cancre ».  Ce cancre, c’est lui Goscinny, qui se revoit écolier, dans les années trente, en Argentine, en sachant peu de choses de cette France, de l’autre côté du globe.

Goscinny va s’associer à un dessinateur, Uderzo, qui a les mêmes modèles que lui :  Walt Disney, Popeye, et autres « cartoons » américains.  La mythologie cocardière, la résistance à l’américanisation, on s’en aperçoit, ne font guère partie des ingrédients de départ de cette bande dessinées dite « pionnière de l’identité française », et Nicolas Tellop nous le décline bien :  « L’imaginaire français revu et corrigé par un enfant dont la naïveté reproduit autant ce qu’on lui a appris qu’elle en ruine les impostures.  Il s’agit d’une entreprise bien plus complexe qu’il n’y parait ».

 Cette « formule gagnante », qui inclut également les grosses bagarres « qui ne font pas mal », les  « inventions sémantiques », le « grand banquet final », ils l’expérimentent l’un et l’autre, Goscinny et Uderzo, dans la série Oumpah-Pah qu’ils ont créé au journal Tintin, en 1958.  Ils vont ajouter, l’année suivante, dans cet Astérix du Pilote, la composante essentielle : la potion magique.   Goscinny et Uderzo ont pourtant hésité à l’utiliser comme ressort comique («D’où vient la potion magique ? (par Bélénos) » de Aurélien Lemant), craignant de rendre leurs personnages « trop invulnérables ».

Tout est déjà là, donc : le « génie visuel fulgurant », les Romains pas trop futés, le druide Panoramix « vieux croûton », le barde chantant faux, dans cette première « aventure d’Astérix le Gaulois », sans titre, au scénario plutôt mince (ça va s’approfondir dès l’histoire suivante avec cette Serpe d’or «vrai polar urbain »), contrairement à un Tintin qui dut attendre quelques albums avant de bien installer « son monde ».

Goscinny et Uderzo, visionnaires, se voyant, entre autres, en Walt Disney français, rêvent d’un album dès la parution des premières planches d’Astérix dans Pilote.  Dargaud, l’éditeur de la revue, n’y croit pas.  Il cède, pourtant, « pour faire plaisir à ses auteurs », y allant, cependant, prudemment :  il n’imprime, lors de première publication, en octobre 1961, que 6 000 albums (le coloriste, frère d’Albert Uderzo, souffrant de daltonisme, va faire subir aux lecteurs des vrais « tortures chromatiques » avec ses maillets et ses cieux «couleur canari »).  Il est rapidement confondu.  Le petit Gaulois devient énorme succès éditorial.

Lorsque le phénomène Astérix se transforme en « hystérie collective » en 1966, l’homme d’affaires Dargaud, surfant sur cette renommée, décide d’en faire des films d’animation, sans même informer Goscinny et Uderzo du projet (« Astérix le Gaulois au cinéma : l’histoire rocambolesque d’un dessin animé renié par ses créateurs » de Daniel Couvreur.   Les créateurs, mis devant le fait accompli, fulmine, lors de la première projection, en découvrant («c’est épouvantable ! ») la piètre qualité du travail.  Ils auront gain de cause.  Les négatifs de La Serpe d’or et du Combat des chefs, déjà terminés, seront brûlés.  Astérix le Gaulois sera, tout de même, distribué en salle, et reçoit (« c’est incroyable ! ») un accueil chaleureux du public.  Goscinny et Uderzo, eux-mêmes, ne comprennent plus rien au succès d’Astérix.  Il est réellement devenu invulnérable.

Depuis soixante ans, le phénomène Astérix intrigue, fait la joie des exégètes.  Nous en avons de bons échantillons dans la troisième partie de ce « hors-série » avec, entre autres, ce théoricien du droit Laurent de Sutter (« Astérix au camping : éloge de la simplicité volontaire ») pour qui il n’y a plus bel exemple dans les aventures d’Astérix de ce « sport pratiqué encore aujourd’hui par de nombreux Français : l’alliance de la rouspétance et du cocorico », une forme d’autosatisfaction aussi gratuite que sentimentale reposant sur le  « Ce qu’il y a de bien avec nous, c’est qu’on est bourrée d’idées ».

Nicolas Tellop (« Astérix, la BD qui ne finit jamais :  « tourner en rond ou bien disparaître ? ») tient un discours beaucoup plus mélancolique, trace le portrait d’un « village à la dérive », d’un village qui s’isole de la périphérie.  La « localité d’Astérix n’incarne pas tant l’exception gauloise (ou française) que l’exception dans le pays ».  La Gaule n’existe plus.  Elle est devenue étrangère.  Elle est devenue romaine.  Être ce village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur, c’est méritoire, mais « une lutte ne peut constituer une identité en soi ».  « Le village n’a pas de personnalité en dehors de sa résistance légendaire ».  « Sans nom, sans spécialité, sans rapport avec l’unité nationale, le village paraît désespérément à la dérive ».

Le numéro spécial des Cahiers est aussi égayé de multiples hommages dessinés de grands bédéistes contemporains :  Delaf, avec ses Nombrils en Armorique (que peut faire la potion magique face à cette adolescence qui rend fou ?), Lewis Trondheim (une journée « sans encombres » au village, ça signifie… pas de banquet à la nuit tombée), Guy Delisle, Emmanuel Guibert,…   Le dessinateur Philippe Dupuy, entre autres, se souvient des albums marquants de sa jeunesse :  Astérix légionnaire, les « couleurs folles » d’Astérix le Gaulois, cette case inattendue, étrange dans un autre album (rappelez-vous lequel ?) où l’on voit Obélix « avec sa longue chevelure défaite ».

Vraiment, on ne s’ennuie pas de redécouvrir Astérix.

–          Astérix le Gaulois : la naissance d’un mytheLes cahiers de la BD, hors-série # 2.  Nicolas Tellop (dir.)

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