11Sep
Christian Vachon
La librairie

Comment mener une vraie enquête ?

« Quand vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, même improbable, doit être la vérité » – sir Arthur Conan Doyle, Le signe des quatre

Un petit bouquin qui nous apprend gros est maintenant en librairie depuis le mois de mai 2018, un petit bouquin qui ne peut qu’exciter les maniaques, nombreux, d’affaires criminelles.

 

Savez-vous ce qu’est le « principe de transfert de matière » ?  Connaissez-vous l’utilité du QQOQCCP ?   Avez-vous déjà usé de la méthode ACE-V ?  Un duo d’experts, Alexandre Beaudoin, chercheur en criminalistique à la Sûreté du Québec, et Amélie Charron, diplômée en biologie, et dévoreuse de science, nous font découvrir tout cela dans Le crime, l’empreinte et la science, une publication de l’éditeur québécois Multimondes.   Ils se donnent pour mission de « refléter la réalité et le sérieux d’une enquête de police », et ils y réussissent, avec rigueur et concision, nous offrant, en moins de cent pages, un « ABC de l’enquête », un tour d’horizon complet des principes scientifiques, technologiques et théoriques qui accompagnent le travail policier.

« La télévision », prennent soin d’avertir, dès le départ, les deux spécialistes, « déforme souvent la réalité en ce qui concerne le travail d’investigation ».  « Les techniques utilisées dans (une série comme) CSI sont disponibles gratuitement, peu importe le type de crime, avec des résultats instantanés et toujours positifs ».  Alors que, dans la « vraie vie », un laboratoire de développement des empreintes latentes, au Québec, doit fonctionner avec un budget annuel trois fois moindre qu’un seul épisode de CSI (trois millions de dollars américains). Les techniques chères et complexes sont dont réservées à des crimes majeurs contre la personne.

Une véritable enquête policière, ça n’a rien de « glamour ».  Une partie importante du travail en criminalistique « consiste à rédiger des rapports et à remplir des formulaires pour la cour ».

Une véritable enquête policière, c’est laborieux.  Une véritable enquête policière est souvent retardée par des contraintes budgétaires.  Une véritable enquête policière, ça reste tout de même captivant, et Alexandre Beaudoin et Amélie Charron nous le prouvent en détaillant, en long et en large, ce qu’est une « scène de crime » (avec ses « lieux à sécuriser », son « corridor de contamination » à établir, la présence de caméras de surveillance, dans les environs, qui peuvent être très utiles,…).

C’est là que le « principe de transfert de matière » entre en jeu.  « Pour commettre un délit, un malfaiteur doit employer une force qui laisse des traces multiples de son passage, que ce soit sur les lieux, sur la victime, ou sur lui-même ».  L’enquêteur devient alors archéologue.  Il « reconstruit » le passé, « par la détection des traces et l’exploitation des informations qu’elles véhiculent ».

Ces traces, elles peuvent être génétiques (avec, bien sûr, cette « carte de visite » qu’est l’ADN), balistiques (avec la « signature » de la balle), digitales (ces empreintes de doigts aux « micro-paysages » fascinants), ou tout simplement un corps qui regorge «d’importants indices à interpréter ».

L’enquêteur doit alors « faire parler » ces indices souvent fragiles et latents.  De multiples méthodes scientifiques et technologiques (moulages, spectrogrammes, révélateurs chimiques,…), que nous résument fort bien Beaudoin et Charron, sont à sa disposition.  Les quatre étapes ACE-V (Analyse, Comparaison, Évaluation – Vérification) vont alors faire le tri entre ce qui est trompeur, et ce qui est incriminant.

L’enquête, c’est aussi une démarche intellectuelle avec cette méthode du questionnaire QQOQCCP (Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Combien, Pourquoi), « des questions standards facilitant la détermination des tenants et des aboutissements d’un événement, peu importe sa nature », des questions qui permettent d’éviter les erreurs par omission.

L’enquêteur doit éviter les biais cognitifs.  C’est en discutant avec ses autres collègues qu’il peut vérifier si ses sens, ou ses valeurs, ne le trompent pas. Enquêter, faut-il le rappeler, c’est beaucoup de travail de terrain… et de bureau.  Hypothèses, doutes, décisions, tout doit être noté scrupuleusement, consigner au fur et à mesure. Le cheminement, la réflexion, doit être documenté du début à la fin.

 Alexandre Beaudoin et Amélie Charron nous font apprécier, finalement, qu’il n’y a rien de moins solitaire et intuitif qu’un travail d’enquêteur,  Une enquête criminelle, c’est du travail d’équipe multidisciplinaire.  C’est aussi un boulot savant et intellectuel.  « L’investigation d’une scène de crime n’est pas qu’une simple collecte d’indices, c’est une démarche scientifique à part entière » à laquelle elle emprunte les temps de son processus : « observation, hypothèse, expérimentation, raisonnement ».  L’investigation, c’est une affaire de cerveau à la Columbo, pas de gros gun à la Harry Callahan.

Les auteurs insèrent de multiples encadrés, fort appréciés, d’affaires célèbres, au Québec et au Canada (l’affaire Delorme, à Montréal, en 1922, ou du colonel Russell Williams, en Ontario, dans les années 2000), ou ailleurs dans le monde (l’affaire Pistorius, en Afrique du Sud, ou des « snipers de Washington), où « traces » laissés sur le terrain (des marques de pneus de voiture, par exemple, dans le cas de l’affaire Williams) et méthodes d’investigation furent cruciales dans la révélation du crime et du criminel.

Les nouvelles technologies, notamment les progrès en nanotechnologie, concluent les deux auteurs, obligent constamment les corps policiers à des analyses coûts/bénéfices « afin de déterminer dans quoi il est préférable d’investir »,  Ils ont même à leur disposition « un indice boursier », le ForATE, faisant une évaluation comparative efficacité/risque/facilité des technologies criminalistiques.  L’enquêteur doit se faire homme d’affaires.

 

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