15fév
Christian Vachon
Histoire

Crimes d’une autre époque

De tout temps, au Québec comme ailleurs, le public se passionne de faits divers morbides, de meurtres sordides. L’historienne et archiviste québécoise Marcelle Cinq-Mars nous en fait la preuve, en ce début d’année 2017, dans Gibiers de potence : des meurtres dans le Québec du XIXe siècle (chez Athéna éditions) où elle relate près d’une dizaine de crimes sanglants aujourd’hui oubliés, mais qui ont fait la manchette dans ce Québec pas encore tout à fait moderne de la seconde moitié du XIXe siècle. Des crimes d’autrefois, mais dont les mobiles sonnent très contemporains à nos oreilles comme par exemple, banal appât du gain (« Et vogue, vogue » : le meurtre de Jean-Baptiste Ouellet en 1867, « Un Anglais malchanceux » : l’assassinat de Joseph Jackson en 1882), drame conjugal (« La demoiselle Todd », en 1855, « Je n’ai donc plus d’amis », la mort de Démerise Roy en 1881), démence. Des actes commis un peu partout, en ville, à la campagne, en banlieue de Québec, sur la Côte-Nord, par des gens qu’on peut sans risque qualifier pour la plupart d’ordinaires, des « bonnes âmes » qui dérapent « sur un coup de colère définitif ». Certains sont de vrais imbéciles, peu sont des « criminels endurcis », mais tous commettent l’irréparable avec les moyens disponibles en ce temps : couteaux, fourches, poison…

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Nous sommes parfois décontenancés par la soudaineté et l’improvisation du geste criminel. Nous n’oublions surtout pas, qu’à cette époque, être coupable de meurtre peut vous conduire directement à la potence. Marcelle Cinq-Mars nous restitue aussi les « voix du passé », reproduisant, souvent dans leur intégralité, les commentaires des journaux , les délibérations des procès sur ces drames « enfouis ou cachés » de notre mémoire collective.

Le pathétique rivalise souvent avec le tragique dans ce rouge Québec d’antan. Un couple de fermiers de l’Estrie, Edward Peters et Clara Elliott (« Une barbarie presque incroyable ») est condamné, en 1882, pour avoir battu à mort un petit orphelin, Henry Sweet, mis en garde chez eux. Nathaniel Randolph Fritz Dubois (« L’Irlandais à la Thibault »), matelot américain, déserteur viré, fermier malgré lui (il n’y connaissait « pas grand-chose ») en épousant la fille d’un agriculteur du comté de Portneuf, harassé par sa vie dure, devenu « rouge » suite à une querelle, exécute à coups de hache femme, belle-mère et enfants. Il va être exécuté par pendaison devant un parterre d’une centaine de personnes, le 20 juin 1883.

John Henry Chaliner se tire mieux de son méfait coupable, en 1869 (« Une question d’honneur »). Malgré qu’il ait, au Skating Ring de la Grande-Allée de Québec, abattu un militaire anglais en public, devant une foule de témoins, il est déclaré non coupable par le jury à son procès. La victime, l’officier Whittaker, avait auparavant « déshonoré » la sœur de l’accusé d’origine irlandaise catholique, un type « d’outrage à l’honneur » dont la réparation, la sanction « par la mort » dans ce cas-ci, peut être effectivement « excusable ».

Si les « crimes d’honneur » peuvent mener à la clémence au XIXe siècle, ce n’est généralement pas encore le cas pour la maladie mentale. L’avocat de Nathaniel Dubois, « l’Irlandais déserteur de Portneuf », a plaidé en vain l’état mental « étrange » de son client (« l’idiot » souffrait mentalement des effets narcotiques de sa mère dépendant de l’opium). On refusera de confirmer ce verdict de folie, mais des spécialistes des maladies mentales chercheront tout de même à mettre la main sur le cerveau de « l’idiot » après son exécution. Hugh Hayvern (« Un imbécile de bas étage »), ce jeune costaud de 28 ans, emprisonné au pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul, sera aussi condamné et exécuté, le 9 décembre 1888 devant 250 personnes, malgré qu’un aliéniste célèbre, Henry Howard, ait jugé qu’il a agi sous une impulsion involontaire (« ce sont des bêtes dans mon ventre ») lorsqu’il agressa mortellement son compagnon de cellule Thomas Salter.

Marie McGaugh, toutefois, nurse au service de la famille DeVillers (« Un été tranquille »), condamnée à une sentence de mort en 1872 « pour avoir empoisonné à l’aide de mort-aux-rats la petite Clara, 6 mois », va voir sa peine commuée lorsqu’on reconnaîtra « qu’elle ne jouissait pas entièrement de ses facultés mentales ». La « simple d’esprit » sera même libérée, sept ans plus tard, du pénitencier.

La justice demeure donc encore lente à s’adapter aux avancées de la science, ou même de la technologie en ce XIXe siècle déclinant. La photographie, entre autres, n’est pas encore admise comme preuve dans un procès. Il faut signaler, par contre, d’humaines et remarquables améliorations quant aux techniques de pendaison. Le bourreau anglais William Marwood (1820-1883) a mis au point dans les années 1870 le « long-drop » : une forme plus rapide et respectueuse d’exécution où le condamné tombe « d’assez haut », lui causant un choc suffisamment violent pour rompre la colonne cervicale et le rendre ainsi inconscient. L’agonie d’un Nathaniel Dubois dura à peine cinq minutes grâce à cette méthode. Il fallut tout de même compter onze minutes avant le trépas de « l’imbécile de bas-étage » Hugh Hayvern.

Des voix s’élèvent de plus en plus contre cette peine de mort « perçue plus comme une vengeance qu’une réelle justice », ce qui n’empêche pas journalistes, étudiants en médecine, et simples curieux d’accourir nombreux aux exécutions.

À consulter :

— Marcelle Cinq-Mars, Gibiers de potence : des meurtres dans le Québec du XIXe siècle, Athéna éditions.

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