11Avr
Librairie Pantoute
Histoire

Petites et grandes histoires pionnières de pharmaciens

Elles ne sont pas que curieuses, mais pleines de surprises et de fantaisies, et agréablement illustrées, les Curieuses histoires d’apothicaires de Gilles Barbeau, publiées chez l’éditeur québécois Septentrion, cet hiver 2018.

Appréciez cet avant-goût : une multinationale qui profite de la création d’un pharmacien français, habile en publicité, et d’un pharmacien américain qui recherche un antidote à sa « narcomanie », pour lancer une boisson « rafraîchissante » des plus célèbres ; des « anciens », en utilisant l’écorce de saule pour soulager la douleur, qui tracent la voie au médicament le plus populaire de notre temps ; un pharmacien militaire français, emprisonné dans une geôle prussienne en 1762, qui va faire connaissance avec une nourriture révolutionnaire. Et il y en a plus d’une douzaine d’autres, de ces histoires, toutes aussi remarquables, d’apothicaires, d’alchimistes, de pharmaciens.

Dès l’âge de huit ans, le jeune Gilles Barbeau partait cueillir, avec son grand-père Joseph Hardy, la savoyane (cette plante servant à lutter contre les maux de bouche). Cette passion précoce pour la flore médicinale va le mener loin : Barbeau va devenir doyen de la Faculté de pharmacie à l’Université Laval de Québec. Retraité, une autre passion l’anime, celle de raconter des histoires, vieilles ou récentes, de pharmaciens (il continue d’ailleurs d’enseigner l’histoire de la pharmacie à l’Université du troisième âge de Québec (UTAQ). Il s’intéresse à des histoires de découvertes majeures, pas juste d’universitaires ou de grands chercheurs, « mais aussi d’individus simples et éclairés (comme ce modeste étudiant en pharmacie qui va découvrir la morphine en 1805) exerçant leur métier de pharmacien à l’hôpital et à l’officine ».

Il a regroupé quelques-uns des récits qui font la popularité de ses cours dans ce bel album coloré, attrayant, « une suite de petits contes, des épisodes de vies et non des biographies » campant « les démarches des apothicaires à travers des histoires curieuses ». Pourquoi curieuses ? Parce que c’est souvent aidés par le hasard, ou même par la chance (c’est en soignant une jambe cassée, par exemple, que l’on découvre, au XVIIIsiècle, la glycérine) que les apothicaires vont faire des « découvertes surprenantes dont les retombées profitent encore à la qualité de vie et à la santé des concitoyens ». Pas juste des « vendeux de pilules », ces pharmaciens !

Plus que curieuse, il faut le dire, cette histoire (chapitre 3 : « Le pharmacopole et l’herbe du soldat ») de Claudius d’Ancône, ce bon pharmacople (un commerçant ambulant ou sédentaire qui vend des drogues) qui, dans la Grèce antique, va mettre à la mode une plante, l’achillée, qui est encore recommandée aujourd’hui dans la lutte contre les problèmes digestifs et les crampes.

Curieuse, mais aussi miraculeuse (et pleine d’humour) cette histoire de Théophraste dit Paracelse (chapitre 4 : « Les miracles de Paracelse »), ce médecin formé non pas dans les facultés, « mais dans les tavernes, chez les pauvres, les guérisseurs », un scientifique, le « père de la médecine expérimentale » (il informe les étudiants qu’ils n’apprendront pas la médecine à partir des textes anciens de Gallien, mais en se fondant sur une vaste expérience, « parce qu’il veut former des médecins habiles à guérir et non à discourir »), qui, sans être apothicaire, a élaboré des remèdes une grande partie de sa vie. C’est lui qui va aider à faire de la pharmacie une science basée sur la chimie et non plus sur la botanique. Une révolution poursuivie par Carl Wilhem Scheele, au XVIIIsiècle (chapitre 7 : « Fruits acides et acides de fruits), ce pharmacien suédois qui, en plus de l’oxygène (ce n’est déjà pas rien), va découvrir, par chance et accident, la glycérine en préparant un emplâtre.

Curieuses, parce que se passant chez nous, en Amérique française, ces histoires de Louis Hébert, horticulteur hors pair (chapitre 5 : « La curieuse pomme de Louis Hébert »), et de ces religieuses apothicairesses de l’Hôtel-Dieu de Québec (chapitre 6 : « L’onguent divin de sœur Duplessis de Sainte-Hélène ») qui vont faire venir d’Europe, au XVIIIsiècle, un « onguent divin » apte à guérir de multiples plaies.

Curieuse, et débordante d’humanité, cette histoire d’Augustin Parmentier (chapitre 8 : « Le roi de la patate »), le « Parmentier » du « hachis Parmentier », ce pharmacien qui « fit connaissance » avec la révolutionnaire pomme de terre dans sa geôle prussienne, et qui va vendre les vertus nutritives de cette tubercule, longtemps mal aimée, partout en Europe, en en faisant le « pain des pauvres », découvrant même, par un examen chimique de la patate, son contenu en amidon.

Curieuse, et des plus choquantes, cette histoire de la découverte de la morphine par Friedrich Sertürner, en 1805 (chapitre 9 : « La souris ivre ») considérée, au départ, comme une « sottise de dilettante ». Sertürner ne manque pas d’autres audaces. Il va expérimenter, en outre, les propriétés extraordinaires de sa « substance blanche » sur des piliers de bars.

Curieuse, et fort enrichissante, cette histoire du pharmacien et homme d’affaire Bernard Courtois (chapitre 10 : « Du sel de pierre au sel de table ») qui va découvrir une substance nouvelle, l’iode, en nettoyant des chaudrons de varechs, dont les cendres, très rentables, servaient à fabriquer du salpêtre pour l’armée.

Curieuse, et « à dormir debout », cette histoire de la quinine (chapitre 11 : « La poudre de la comtesse »), la « mère des drogues modernes », un médicament miraculeux tiré de « l’arbre de la fièvre » des jungles d’Amérique, qui devient à la mode dans les salons parisiens du XVIIIsiècle, comme le chocolat et le café.

Curieuse, et hilarante, l’histoire du vin Mariani (chapitre 13 : « Coke au vin »), cette boisson thérapeutique, effectivement à base de vin, mais contenant de la cocaïne, popularisée par le pharmacien corse Angelo Mariani dans les années 1870. Le succès commercial de Mariani va amener le botaniste et pharmacien américain John Smith Pemberton à élaborer un produit concurrent le « French Wine Coca », l’ancêtre du Coca Cola (la cocaïne va être retirée de cette boisson en 1905).

Curieuse, et aux multiples rebondissements, cette histoire de la découverte de l’acide acétylsalicylique ou aspirine (chapitre 15 : « Les rhumatismes de M. Hoffmann »), un produit dont les sources naturelles sont la saule et la spirée. Elle est réputée n’avoir aucun intérêt, en 1899, cette aspirine, lorsqu’on en fait la synthèse chimique, en laboratoire, chez la compagnie Bayer. Tous les yeux de l’industrie pharmaceutique sont alors tournés vers cette autre découverte, l’héroïne, au « potentiel commercial thérapeutique plus intéressant ».

Curieuse, et finalement exemplaire cette histoire de chercheurs anglais, canadien et français, pharmaciens et chimistes (chapitre 18 : « La violette rose »), qui vont appliquer toutes les étapes classiques et industrielles, de l’observation à la production, permettant la découverte de la vincristine, de la vinblastine, puis de la vinorelbine, lancée en 1989, le médicament anticancéreux le plus utilisé dans le monde.

L’exemplarité est sans nulle doute la qualité majeure de ces récits d’apothicaires, des « parfaits exemples » de l’héroïsme des pharmaciens, aussi indispensables et respectables que les médecins, des « parfaits exemples » de « valeureux individus qui, souvent avec peu de moyens, et un peu de chance, ont fait beaucoup pour le bien-être de l’humanité ».

 

– À consulter :
Gilles Barbeau, Curieuses histoires d’apothicaires, Septentrion.

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