24Déc
Christian Vachon
BD

Il est fou cet Astérix chez les Québécois !

Il nous rend fou d’ambivalence cet Astérix chez les Québécois de Tristan Demers, publié chez l’éditeur Hurtubise, cet automne 2018.

Le bédéiste, créateur de Gargouille et des Minimaniacs, auteur de deux essais, particulièrement réussis, sur Tintin (Tintin et le Québec), et La Ronde de Montréal (Emmène-nous à La Ronde), s’est donné pour mission de nous faire « découvrir de façon ludique et colorée la somme de tout ce que le Québec doit aux créatures de Goscinny et Uderzo ». Une mission accomplie, je peux l’attester, du moins en ce qui a trait l’aspect documentaire.

Tristan Demers mène une enquête rigoureuse, vigilante. Rien n’échappe à son attention. Tous les indices du phénomène Astérix au Québec sont rassemblés, toutes les traces promotionnelles, muséales, culturelles, même sportives, du passage du héros gaulois s’y retrouvent, des années soixante à nos jours.

Pour quelqu’un, comme moi, qui a vécu, enfant, l’essor prodigieux d’Astérix dans notre imaginaire et notre environnement, je suis drôlement gâté. De grosses bouffées de nostalgie jaillissent lorsque l’habile Tristan Demers fait défiler, à différents chapitres, ces moments magiques de ma jeunesse : les miraculeux premiers albums, la sortie du film d’animation Astérix et Cléopâtre, les épisodes de la série diffusés, le soir, à Radio-Canada, le jeu questionnaire « Tous pour un » consacré au héros gaulois… Tout y est, même les 33 tours, même cette publicité télévisée qui m’a tant excitée (un bref dessin animé où Astérix et Obélix accostent dans notre Québec actuel, et partent visiter… une usine d’aluminium !), diffusée, en 1969, le dimanche soir, lors du Théâtre Alcan.

Bravo Tristan !

Et il ne néglige pas les générations suivantes, ne serait-ce qu’avec ce rappel de Ciné-cadeau, à Télé-Québec, ce rendez-vous annuel de milliers de jeunes, et de vieux, incontournable depuis plusieurs décennies, avec la maison de fous des Douze travaux d’Astérix, et les crocodiles d’Astérix et Cléopâtre.

Ça se gâte, toutefois, lorsque l’enquêteur Tristan Demers tente de dévoiler le secret de ce succès, le pourquoi et le comment de « cette histoire d’amour franco-québécoise unique ».

Tristan Demers ne cherche pas à s’en tenir qu’à une simple attirance pour l’humour et la virtuosité graphique de la série. Il y voit des motifs sociologiques, identitaires. Les Québécois se seraient identifiés « à ce petit village gaulois qui poursuit, seul, sa lutte contre l’envahisseur romain ».

Il convoque, pour seconder sa thèse, un sociologue, une politicienne à la retraite. C’est bien mince. Ça ne convainc guère. D’autant plus que Tristan Demers a tout de même la sagesse de souligner que les « affirmations « astérico-sociologiques » » n’émouvaient guère René Goscinny.

Astérix mérite mieux que cela. Notre amour d’Astérix trouve son explication dans cette case tirée de la page 7 de l’album Astérix et Cléopâtre, où, dans le village gaulois, le druide Panoramix accueille l’architecte Numérobis, venue d’Alexandrie, en Égypte. « Je suis, mon cher ami, très heureux de te voir », se présente Numérobis, en serrant la main du mage. « C’est un Alexandrin », réplique Panoramix, en se retournant vers des habitants curieux.

C’est ça le gage du succès immortel d’Astérix : la finesse, la subtilité, le gag qui nous échappe gamin, mais qu’on découvre, en vieillissant, en relisant pour la troisième, la quatrième, la cinquième fois notre série d’albums. Le succès d’Astérix, ça nait d’une rencontre inespérée, de la fusion spectaculaire entre le talent de dessinateur d’Uderzo et, surtout, surtout, surtout, le génie humoristique de Goscinny.

Le truc du « village gaulois entouré » n’a rien à y voir. Jeunes et adultes québécois, comme des millions de Français, de Belges, de Suisses, d’Africains, et, en d’autres traductions, d’Allemands, d’Anglais, ont été contaminés par le regard amusé, sensible, perspicace de Goscinny sur notre monde moderne (camouflé dans une antiquité romaine burlesque). Cet humour est sans frontière, sans race, universel.

Quoi d’ironique lorsqu’on relit cette phrase, introductive aux albums, « Nos ancêtre les Gaulois », sachant que les parents d’Uderzo venaient d’Italie, et ceux de Goscinny de Pologne et d’Ukraine ! Et lorsqu’un « village gaulois » cherche à se replier sur lui-même, un Juif, comme Goscinny, se sent parfois « l’étranger ».

Astérix chez les Québécois. Un Gaulois en Amérique. Tristan Demers, Hurtubise.

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