2Nov
Christian Vachon
Histoire

Ils ont aussi marché sur la lune

Harrison Schmitt, John Young, David Scott : qui sont-ils? Ils ont, eux-aussi, marché sur la Lune. L’aventure lunaire, cela ne s’arrête pas à Neil Armstrong…

Harrison Schmitt, John Young, David Scott : qui sont-ils? Ils ont, eux-aussi, marché sur la Lune. L’aventure lunaire, cela ne s’arrête pas à Neil Armstrong, « un petit pas pour l’homme », un drapeau planté, et on repart, bonsoir, merci ! Onze autres hommes vont aussi explorer cette Lune. Ils vont vivre une aventure merveilleuse, faite de risques, de surprises, de débrouillardises, de drôleries. Ils vont surtout faire avancer notre connaissance du monde.

Philippe Henajeros, journaliste scientifique, auteur prolifique d’ouvrage dans le domaine de l’astronomie, nous conte enfin cette histoire, largement méconnue au sein du monde francophone, de l’exploration lunaire dans Ils ont marché sur la Lune, publié chez l’éditeur scientifique Belin, un récit fébrile, détaillé « à la minute près », et illustré de plus de 300 photos, souvent inédites, des six missions lunaires.

Pourquoi aller sur la Lune ? Pour redécouvrir la Terre, répondent, évidemment, les voyageurs de l’espace. «La beauté de la Terre, vue de la Lune, l’emporte sur tout » s’exclame Harrison Schmitt, le 11 décembre 1972, dès les premières heures de son arrivée sur le satellite. Une réaction qui n’est pas sans rappeler celle de James Lovell qui, faisant le tour de la Lune, lors de la mission Apollo VIII, en décembre 1968, s’écrie, en apercevant la Terre réapparaître : « Le lever de la Terre (est le) meilleur résultat d’Apollo VIII, plus important que de voir la face cachée de la Lune ».

Ils n’ont rien de surhumains ces astronautes. Ils font des erreurs, réparent, improvisent. Philippe Henarejos nous fait apprécier, à partir des témoignages des derniers explorateurs lunaires (ils ne sont plus que quatre survivants sur les douze) bien d’autres traces d’humanités de ces aventuriers : un Buzz Aldrin, le 20 juillet 1969, un peu déçu, frustré, de ne pas être le premier à fouler le sol lunaire (le protocole aurait voulu que ce soit lui, le pilote, et non Armstrong, le commandant, qui sort le premier dans l’espace. Il fut cependant le premier homme à faire pipi sur la Lune, dans son dispositif de collecte de l’urine attaché à sa combinaison, sans que des millions de téléspectateurs sans doute) ; un Michael Collins, en orbite, dans le module de commande, ne réussissant pas à repérer l’Eagle d’Armstrong et Aldrin (l’engin, le « Lunar Module », s’est posé six kilomètres plus loin que la zone prévue), vivant dans la hantise de « devoir revenir seul sur la Terre ».

L’exploration lunaire débute réellement, quatre mois plus tard, en novembre 1969, avec Apollo XII. Alors que la mission lunaire d’Armstrong et Aldrin dure à peine moins de trois heures, Pete Conrad et Alan Bean vont y demeurer un jour et une nuit, et s’éloigner du module. Conrad va même effectuer un atterrissage précis sur la Lune : « Youppi ! Ça a peut-être été un petit pour Neil, mais c’est un grand pour moi ».

L’échec d’Apollo XIII a failli mettre un terme à cette exploration lunaire. Si Richard Nixon a empêché l’annulation du programme, Alan Shepard et Edgar Mitchell n’ont tout de même plus droit à l’erreur lors du vol vers la Lune d’Apollo XIV. Antares, le module lunaire, atterrit finalement le 5 février 1971 (« Ça été un long chemin mais nous y sommes »). Shepard fait même mieux que Conrad, posant le « LM » a seulement 50 mètres de l’endroit visé.

Shepard et Mitchell vont toutefois s’égarer lors de leur première marche lunaire, rien ne « colle » avec ce qu’ils devraient voir, discutant pendant quelques minutes avant de s’accorder sur leur position, une confirmation de l’imprécision de cette cartographie de la Lune « vue de la Terre ».

« L’enfer » des randonnées pédestres va, heureusement, être chose du passé à partir de la mission suivante Apollo XV. Les astronautes David Scott et James Irwin sont maintenant équipés d’un véhicule tout-terrain, le « Lunar Roving Vehicle » (une version plus puissante de la fusée Saturn, donnant bien des sueurs froides aux responsables du programme, autorise l’envoi de ce lourd matériel), qui leur permet de s’éloigner, à la vitesse de 12 km à l’heure, jusqu’à 5 kilomètres de leur base. Une expérience de l’explorateur Scott permet enfin de trouver une réponse à cette énigme scientifique : en l’absence d’atmosphère, une plume et un marteau touchent-ils le sol en même temps ? Ce sera le cas. Parmi les 77 kilos d’échantillons de rocs lunaires récoltés, Scott et Irwin vont aussi rapportés un morceau d’anorthosite, une roche vieille, un record, de plus de 4,1 milliards d’années.

Si les premières missions permettent de cerner, à peu près l’histoire des « mers » lunaires, les explorations suivants vont s’enfoncer dans les « hautes terres », celles qui recèlent « potentiellement » les vestiges de la couche plus ancienne de la Lune, les « premiers édifices volcaniques ».

Elle a failli s’achever rapidement cette première mission à la recherche des volcans. Le plan de vol d’Apollo XVI a été bouleversé à la suite d’un mauvais fonctionnement du moteur principal (on doit se débrouiller, en économisant l’énergie, avec les réserves). De plus, John Young et Charlie Duke, en posant, le 21 avril 1972, leur module Orion à près de trois mètres d’un cratère à la pente très raide (« Bon Dieu ! Regarde ce trou dans lequel nous avons failli atterrir »), ont failli aussi provoquer un retour d’urgence vers le module de commande.

Elle fut même décevante, pour l’avancement scientifique, cette mission. Le « plateau de Descartes », où atterrissent Young et Duke, se révèle ne pas être volcanique. Ils ne trouvent que des « roches brisées », fendues par les impacts des météorites.

La dernière exploration, celle d’Apollo XVII, qui débute le 11 décembre, pourtant la plus longue (trois jours et trois nuits) et la plus fructueuse (elle nous en apprend énormément sur la formation des « mers » et l’âge de la Lune), reste, malgré tout, la plus méconnue.

C’est qu’il y a belle lurette, à l’époque, depuis en fait Apollo XII, la seconde mission, que le grand public se désintéresse de la Lune (« maintenant qu’on n’y a mis les pieds, qui y a-t’il d’intéressant sur ce corps criblé de trous et sans vie ? »). On ne parle de cette mission Apollo XVII que très tard le soir, après 23 heures, sous forme d’un « résumé de quelques minutes ».

Et, pourtant, elle sort de l’ordinaire, sur bien des aspects, cette dernière mission oubliée. Harrison Schmitt est le premier vrai scientifique (il est géologue de formation et non militaire) à y participer. Lui, et le commandant Eugene « Gene » Cernan, vont s’aventurer le plus loin (une distance de 7,4 kilomètres) du « LM ». Cernan, lors d’une de ces explorations, va découvrir un gros roche, étrange, fragmenté. Il va y poser sa main, et peindre ensuite le nom de sa fille Tracy, le baptisant ainsi, le « Rocher de Tracy ».

Harrison Schmitt sera le dernier homme à se faire photographier sur la Lune, « Gene » Cernan, le dernier a y avoir marché.

La nuit, couché dans son hamac, à l’intérieur du LM, épuisé et couvert de poussières, Eugene Cernan tente de dormir. Il y parvient à moitié. Le reste du temps, il se demande si tout ce qu’il vit est bien réel, si ce n’est pas un rêve.

Depuis près de cinquante ans, depuis cette dernière mission maintenant très lointaine, cette aventure lunaire semble, pour nous aussi, une brève chimère abandonnée.

Ils ont marché sur la Lune. Philippe Henarejos. Belin.

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