20Déc
Christian Vachon
Histoire

La méconnue histoire à succès de la première brasserie Dow

Le nom Dow est associé, à tout jamais, dans l’imaginaire collectif québécois, à un épouvantable scandale, à cette bière qui a empoisonné, dans les années soixante, une dizaine de gros buveurs dans des tavernes de la région de Québec. Triste histoire.

Mais il existe une autre histoire, plus heureuse, de la bière Dow, celle d’une brasserie qui porta ce nom au XIXe siècle (la seconde bière Dow, la « scandaleuse », n’apparut qu’en 1952). Paul-Yvon Charlebois et Sylvain Daignault, deux passionnés, deux esprits curieux toujours à la recherche d’épisodes méconnus de notre histoire, nous la content dans La brasserie Dow Tome 1 : L’ascension (le tome 2 sera, bien sûr, consacré à l’autre brasserie, la « mythique ») publié chez l’éditeur GID, cet automne 2018.

C’est, en fait, un success-story qu’ils nous racontent, le parcours fascinant d’un jeune Écossais, William Dow, parti de rien, au début du XIXe siècle, qui, cinquante ans plus tard, va finir ses jours dans son immense demeure du « Golden Square Mill » de l’ouest de Montréal, un «représentant parfait de la bourgeoisie anglophone montréalaise de l’époque ».

Paul-Yvon Charlebois et Sylvain Daignault parviennent, à partir de dizaines de documents d’archives épars, à nous faire apprécier l’ascension, le rêve « canadien » accompli de ce fils de maitre-brasseur écossais venu, comme des dizaines de milliers d’autres de ses compatriotes à l’époque, faire fortune en Amérique.

Né en 1800, arrivant au Canada vers 1820, l’ambitieux William Dow devient très vite partenaire (à 25 ans!) d’une brasserie, au cœur du Griffintown, le nouveau quartier industriel de Montréal, celle de James Dunn, qui va porter alors le nom de Dunn & Dow Brewery.

Il en est même, dès 1834, en rachetant les actions, le seul propriétaire lors du décès de monsieur Dunn. William Dow veille à la réputation de qualité de sa bière (offrant de la « porter », du « old ale », du « new ale », du « mild ale »,…), faisant prospérer l’entreprise qui devient, dans les années 1860, la principale concurrente de la brasserie Molson.

Homme d’affaire avisé, il va diversifier ses activités au cours de ces années de croissance, investissant dans l’immobilier, les chemins de fer, le monde des assurances (il participe, entre autres, le 18 mars 1865, avec Matthew Hamilton Gault, à la fondation de la Sun Life Insurance Company). Il va jusqu’à s’associer, au cours des années 1850, à ses féroces compétiteurs, les frères John et William Molson, qui viennent de créer une banque, afin d’y faire solidifier son capital.

Prévoyant, on le voit, se sentant malade, il prend la peine de dissoudre sa compagnie, en 1864, cédant ses parts à son associé du temps, Gilbert Scott, qui décide, tout de même, reflet de la bonne réputation de l’entreprise, de conserver le nom de brasserie Dow.

William Dow meurt, millionnaire, le 7 décembre 1868. Il est demeuré célibataire toute sa vie. On ne sait trop pourquoi. Il a été impossible de faire parler les documents, muets à ce sujet.

Gilbert Scott, et son successeur, en 1898, Angus N. Hooper, se débrouillent plutôt bien à la tête de l’entreprise, cherchant à la moderniser sans cesse. Ils vont devoir, toutefois, affronter un immense nuage noir qui se profile à l’horizon, dans la seconde moitié du XIXe siècle : les ligues de tempérance, des rassemblements de radicaux qui perçoivent l’alcool comme un « obstacle à la cohésion et la pureté morale et religieuse ».

En fait, ce nuage se transforme en orage. Le « lobby » de la tempérance triomphe. Le gouvernement canadien doit tenir un plébiscite, en septembre 1898, sur l’interdiction, la fabrication et la vente de boissons alcoolisées.

Les brasseries contre-attaquent. Regroupées dans l’Association des brasseurs et malteurs du Canada, ils veulent souligner, en cette fin du XIXe siècle, l’importance essentielle de cette industrie au Canada (il y a, à cette époque, 135 brasseries en activité au pays, dont 16 uniquement au Québec).

Peine perdue, le oui l’emporte au plébiscite, avec une faible majorité de 51.2%. Le Québec se distingue, une nouvelle fois, en étant la seule province à voter contre (à 81.5% !).

Est-ce la fin de l’industrie brassicole ? Non ! Le gouvernement fédéral libéral, se justifiant par la participation trop faible (mais craignant surtout de perdre ses appuis électoraux au Québec) prend la décision de ne pas adopter la loi de prohibition, déférant le règlement de la question aux provinces. À eux de prendre le risque, comme l’Île-du-Prince-Édouard, de faire prospérer le marché de la contrebande.

Et que devient, durant ce temps, la brasserie Dow ? Elle finit par former un consortium avec la Dawes Brewery, et d’autres brasseurs québécois (mais pas Molson), qui porte le nom, en 1909, de National Breweries Limited.

Fin de l’histoire de la Dow ? Nous savons que non. Elle recommence, en 1952, lorsque la Canadian Breweries, qui vient d’acheter la National Breweries, décide, « pour des raisons de marketing », de changer son nom pour Dow Brewery.

Suite, l’an prochain.

La brasserie Dow. Tome 1 : L’ascension. Paul-Yvon Charlebois et Sylvain Daignault, Les éditions GID

Fermer

Service aux
institutions

T 418 692-1175, poste 2 F 418 692-1021 Courriel

Commandes
internet

Courriel

Événements littéraires,
publicité, dons et commandites

Courriel

Vieux-Québec

  • 1100, rue Saint-Jean
  • Québec (QC) Canada
  • G1R 1S5
T 418 694-9748 F 418 694-0209 Courriel

Heures d'ouverture

De janvier à mars

9 h 30 à 19 h du dimanche au mercredi
9 h 30 à 21 h du jeudi au samedi

D'avril à octobre

9 h 30 à 22 h tous les jours

Novembre et décembre

9 h 30 à 21 h du dimanche au mercredi
9 h 30 à 22 h du jeudi au samedi

Saint-Roch

  • 286, rue Saint-Joseph Est
  • Québec (QC) Canada
  • G1K 3A9
T 418 692-1175 F 418 692-1021 Courriel

Heures d'ouverture

Janvier à juin • Septembre à novembre

9 h 30 à 18 h du samedi au mercredi
9 h 30 à 21 h du jeudi au vendredi

De juin à août

9 h 30 à 19 h du dimanche au mercredi
9 h 30 à 21 h du jeudi au samedi

Décembre

9 h 30 à 18 h du dimanche au mardi
9 h 30 à 21 h du mercredi au samedi

Loretteville

  • 10885, Boulevard de l'Ormière
  • Québec (QC) Canada
  • G2B 3L5
Courriel

Heures d'ouverture

Horaires

30 minutes avant la première séance – Au début de la dernière séance

Programmation à retrouver ici

À propos

Fondée en 1972, la Librairie Pantoute, dont les deux succursales sont agréées, compte, au total, plus de 50000 titres en inventaire.  Elle est membre de l’Association des librairies du Québec (ALQ) et du regroupement des Librairies indépendantes du Québec (LIQ).

En 2012, elle célébre ses 40 ans d’existence. En 2014, la Librairie et Le Studio P deviennent la propriété de leurs employés qui se sont regroupés sous forme d’une corporation et d’une coopérative. La Librairie compte une trentaine d’employés.

Services

  • Service aux institutions

La Librairie Pantoute offre un service personnalisé, courtois, efficace et rapide aux institutions publiques et privées.

Service de commandes

– Suivi rigoureux de vos commandes et de votre budget
– Commandes spéciales (Europe et États-Unis)
– Réservations automatiques de séries BD
– Commandes en ligne de livres papier et numériques
– Livraison rapide et gratuite dans la région de la Capitale Nationale (des frais sont à prévoir pour le reste du Québec)

Service de recherches

– Recherches bibliographiques avancées
– Suggestions d’ouvrages selon vos besoins
– Envois de livres en consignation

Visites en librairie

– Nous vous accueillons en librairie ou dans notre salle de montre de la succursale Saint-Joseph
– Conseils de nos libraires spécialisés
– Présentations sur des thèmes ou des genres précis chez nous ou chez vous!

Institutions Hors-Québec

– Rabais de 15 % sur la plupart des livres
– Livraison rapide
– Service bilingue

Pour information.

  • Service aux particuliers

– Service-conseil personnalisé
– Commandes de livres et commandes européennes
– Recherches bibliographiques avancées
– Compte de fidélité

  • Commandes Internet

– Commandes en ligne de livres papier et numériques sur pantoute.leslibraires.ca

  • Événements littéraires

La Librairie croit que son rôle de diffuseur culturel auprès de la population est important. C’est pourquoi elle organise régulièrement des événements littéraires tels que des lancements de livres, des séances de signature et des causeries.

Pour information.

Inscrivez-vous à notre infolettre

Menu Rechercher
MamboMambo