25Nov
Christian Vachon
Essais

Le français décrisse-t-il?

« Les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus le sens de la langue, ne connaissent plus la synthèse » : un extrait d’une chronique de Denise Bombardier ou de Lysiane Gagnon? Non! Une observation de Gérard Fillion dans Le Devoir en 1957. La crise du français, Au secours de la langue française : des parutions récentes? Non! Le premier ouvrage a été publié en 1909, le second en 1930. Depuis des temps babyloniens, la langue et sa dégénérescence sont l’objet de critiques. Depuis des temps babyloniens, la langue est « le domaine par excellence des idées reçues ».

Benoît Melançon, linguiste expert, blogueur à L’oreille tendue, essayiste plein de fraîcheur, auteur, il y a peu, d’un délirant Langue de puck : Abécédaire du hockey, assaille à fond de train, et avec humour, les lieux communs sur la langue dans Le niveau baisse! (et autres idées reçues sur la langue), une colorée et réjouissante plaquette d’une centaine de pages, publiée chez Del Busso, une invitation à prendre un peu de recul critique sur un débat antédiluvien. « Les enfants étaient mieux élevés avant » : bien sûr, tout le monde le sait… et, bien sûr, tout le monde a tort. Le français décrisse? Respirons par le nez, « tout n’est pas catastrophique en matière de langue au Québec ». Benoît Melançon ne fait ni dans l’alarmisme, ni dans le jovialisme. Vive le français libre! Amusons-nous à le découvrir.

Depuis le XVIIIe siècle, au Québec, les termes du débat n’ont guère changé : « pureté », « accent », « anglicisme ». Comment, d’ailleurs, définir de façon satisfaisante ce qu’est une langue pure? « La vérité, c’est que les langues sont des guidounes et non des reines ». Le français international est  une construction de l’esprit. Benoît Melançon refuse de se ranger dans le clan des essentialistes linguistiques, ceux qui « croient que la langue française aurait un génie particulier ». « Il y a des français, inégalement légitimés pour des raisons sociologiques, politiques, culturelles, et non un seul français… devant lequel s’incliner en toutes circonstances ». Acquiescer à une seule norme de français, c’est acquiescer à une hiérarchisation de la langue, à tomber dans le « lutétiotropisme » (l’attraction parisienne).

« Bien parler, c’est se respecter ». Faux. Tout est affaire de contexte, « à savoir à quel moment utiliser le registre familier et à quel moment utiliser le registre soigné ». Il faut que l’on puisse faire jouer sa liberté en toute connaissance de cause. « Moins la situation est formelle, plus la liberté est grande ». Il n’y a pas une langue française, faut-il le répéter, mais des langues françaises.

« Nous n’avons pas besoin de parler français,… nous avons besoin du français pour parler… du français dans toutes ses variétés ». Il ne faut pas s’inquiéter du fait, comme l’a si bien dit Gaston Miron, que l’on dise « joual » pour « cheval », mais d’être forcé de parler une seule langue, celle ou l’on dit « horse ». Melançon soutient plus que jamais « que le français est, et doit rester la langue commune des Québécois », et que l’on doit le rappeler à l’étranger, que « le bilinguisme n’est pas une richesse collective » (c’est plutôt « un risque collectif »), et qu’il faut dénoncer cette langue des médias, fautive, et truffée d’anglicismes. Faut-il, du fait, s’inquiéter du « franglais », « full overrated » chez les jeunes? Cela est bien inutile. Il faut comprendre la vie d’une langue, sa réalité dans un Montréal quotidien : « il y a des français, des anglais, des dizaines de langues venues de partout ». L’idée que les contacts entre langues sont menaçants n’a guère de poids chez les plus jeunes. « Cela ne revient pas à dire que la question de la langue ne se pose plus au Québec. Cela signifie que les termes du débat ont changé ».

Peut-on prétendre que le « niveau baisse » chez les jeunes? Non. Une étude de Pascale Lefrançois et Marie-Ève de Villiers auprès de 1521 élèves du troisième secondaire, en 2011, concluait que le vocabulaire, le « lexique mental » des jeunes Québécois était relativement élevé. Même si, à partir de cette enquête, nous ne pouvons pas affirmer, sans l’ombre d’un doute, que tout va pour le mieux dans le domaine de l’acquisition du vocabulaire ou de la communication orale ou écrite, nuançons donc notre jugement.

Melançon s’attaque, avec entrain, à bien d’autres idées reçues dans son essai : «Tous les mots sont dans le dictionnaire », « Le pronom « on » exclut la personne qui parle », « L’anglais est une langue facile », … Il s’en prend enfin, avec plus de vigueur, à cette longue tradition d’hypercorrection, de discours punitifs au Québec. « N’y a-t-il pas moyen d’apprendre à vivre avec ce trouble glandulaire sans en souffrir outre mesure? ».

Avec ce Niveau baisse!, il nous permet de subir ce trouble « avec humour et détachement ».

À consulter :

— Benoît Melançon, Le niveau baisse! (et autres idées reçues sur la langue), Del Busso éditeur.

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