1Mar
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Arts

Les déambulations de Marie-Laure S. Louis // Mois Multi – Installations

Plus que cette fin de semaine pour profiter des installations du Mois Multi. J’y ai fait un tour. Finalement. Je les ai vu de mes yeux, j’ai tendu l’oreille et eu ce que j’attendais tellement, j’ai pu faire l’expérience de ces curieuses machines.

Mois Multi • Visites d’installations

Plus que cette fin de semaine pour profiter des installations du Mois Multi. J’y ai fait un tour. Finalement. Je les ai vu de mes yeux, j’ai tendu l’oreille et eu ce que j’attendais tellement, j’ai pu faire l’expérience de ces curieuses machines. On traverse le bâtiment tel un univers inconnu. Pour les habitués du bâtiment de Méduse, il ne peut y avoir qu’étonnement. Sommes-nous vraiment sur la rue St-Vallier ? Depuis quand entend-on des ailes mécaniques au dessus de nos têtes en arpentant ce couloir ?

Toutes œuvres du Collectif Fecteau, Leblanc Lavigne et Lebrasseur me rappellent étrangement certains films et livres de science-fiction. D’ailleurs, quel est ce par-plafond de fleurs mobiles au coin de l’ascenseur ? Ces installations suspendues me font penser à Nausicaä : de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki. Ceci n’est pourtant qu’une introduction à ce qui nous attend pour ces installations du Mois Multi. Le Mois Multi ne se décrit pas, il se vit et se traduit par un ressenti personnel à chacun.

On peut se demander si tout ceci est art. Et pourquoi pas aller faire un tour du côté de Catherine Millet avec L’art contemporain : histoire et géographie puis de celui de François Soulages avec Dialogues sur l’art et la technologie : autour d’Edmond Couchot, et finalement pourquoi pas se plonger aussi dans le Arts assistés par machine et art contemporain : vers une nouvelle philosophie de l’art, de Michaël Hayat.

Si au début je partageais mes choix littéraires en partant de mon regard face à des images et vidéos, cette fois je déambule et fait l’expérience de curiosités électroniques. Ce qui est évident c’est que nous ne percevons, alors là pas du tout, ces oeuvres de la même manière. Umberto Eco l’explique dans L’Oeuvre Ouverte.

Ces créations, en regardant les cartels, sont manifestement politiques (Art de Politique, Lamoureux, Eve). Il y est souvent mention de l’impossibilité de l’homme à gouverner la nature, comme dans l’oeuvre de Delécluse, Depuis la Nuit Suspendue. On prend conscience de la beauté de la nature, de son pouvoir sur le spectateur humain face à l’écoulement de l’eau infini. À travers cet écoulement et de sa présence sonore qui nous apaise, nous réalisons que la nature nous protège, nous nourrit. Nous avons besoin d’elle. C’est ce que je retiens de ces cymbales encaissant la force de chaque goutte d’eau. Prendrions-nous pour acquis la force qui nous entoure. Cyril Dion nous propose une manière de protéger ce qui est encore là avec son Petit manuel de résistance contemporaine : récits et stratégies pour transformer le monde.

Puis je me suis aventurée dans une jungle si belle que j’aurais eu plaisir qu’elle soit présente toute l’année. Des lianes et fleurs clignotantes de toutes les couleurs, des bruits électroniques comme de petits cris de bestioles numériques, et tout ça dans une salle sombre au milieu de la ville de Québec. Une fausse jungle, avec de fausses fleurs. Cela donnerait presque un aperçu du futur. Serait-ce un hommage de Dussopt, à travers Sonic Jungle, à l’environnement que nous détruisons. Du sublime (The Sublime, Morley, Simon, ed.) au premier coup d’oeil, on passe à un possible Demain permettant de mettre des « si » partout. Et si ? Ce qui m’a donné envie d’élargir les « Si » et d’ajouter un monde où la femme perdrait à nouveau tous ses droits avec le livre de Margaret Atwood, The Handmaid’s Tale et les deux titres d’Octavia E. Butler, La Parabole du Semeur et La Parabole des Talents, qui nous parlent d’un monde du futur en reconstruction, et de sa nostalgie du vivant comme il l’est aujourd’hui.

Ce ne sont pas quatre murs au fond noir mais un espace de communication entre la machine et nous que j’ai vu pour l’oeuvre de Houzé. Tandis que les vagues numériques de l’oeuvre de Vincent Houzé (Fluid Structure 360) s’enroulent autour de nos corps, que celles-ci prennent des formes différentes et hors normes, nous pouvons nous rapprocher et faire parti intégrante de l’oeuvre pour quelques secondes, minutes. Notre corps est présent dans cet écran virtuel. Absorbé dans l’oeuvre, nous voilà communiquant avec la machine, à danser avec ses diverses formes et à jouir d’un temps de jeu frôlant le terrifiant (Boulle, Pierre, La planète des singes).

Douce ironie, la flamme éternelle n’était plus, à mon passage. En maintenance elle répond assez bien à nos ambitions. Nous ne pouvons pas tout contrôler. Même dans un moment défaillant cette machine garde tout son sens. Il n’y avait pas de flamme mais elle était là, elle existait, et portait toujours ce nom, Vanitas Machine. Il y avait moins d’intérêt certes de se rapprocher de la cloche en verre qui devait sécuriser une chandelle allumée, mais l’objet est là et il « agit » de manière contraire de ce pour quoi il est fait initialement. On peut y voir un raté, une maintenance au mauvais moment, mais à moi cela appuie mon choix de lecture questionnant l’essentialisme. Je ne peux que recommander en science-fiction, La main gauche de la nuit, d’Ursula Kroeber Le Guin, pour questionner le genre et bien sûr, Donna Jeanne Haraway avec son Manifeste cyborg : et autres essais : sciences, fictions, féminisme qui semble être tout autant une manière de plonger au plus profond de la science-fiction de Butler, plus haut, et de Le Guin.

Au Centre Regart, où je ne suis pas allée, de l’autre côté du St-Laurent on peut encore visiter The Long Now, de Verena Friedrich. En vitrine est exposée la bulle éternellement remplacée. Fragilité et douceur. Mais je n’y suis pas allée. Je n’ai fait qu’imaginer l’objet tout en regardant son image sur papier glacé. C’est la deuxième oeuvre de Friedrich, la seule femme artiste solo des installations. Et je pense à la visibilité de la mettre à deux lieux si différents, et à l’invisibilité de la mettre hors du centre ville (Difference and excess in contemporary art. The visibility of woman’s practice, Gill Perry). Accessibilité et inaccessibilité, ça dépend du point de vu. En tout cas, j’y vois un lien avec le livre de Rolande Pinard, L’envers du travail, dans son intérêt pour ce femmes qui travaillent, continuent et dont on invisibilise les actions. Et je ne peux m’empêcher de penser à Louky Bersianik, qui dans les années 1970 nous offrait L’Euguélionne, questionnant à travers quelqu’un, un.e alien, venu.e d’une autre planète notre rapport au monde et surtout comment les femmes jonglent avec leur places dans la société.

Et pour en revenir à ma balade dans Méduse je découvre des oreillers qui respirent (Fives Pairs, Nils Völker), un piano qui (se) joue seul (Pianotissage, Philippe Lauzier), puis une projection qui m’hypnotise (LJÒS, Barthélemy Antoine-Loeff). Les objets prennent vie et agissent seuls, devant nos yeux, comme si nous étions inutiles. Ces oreillers tout autant porteurs d’un message sur la pollution, car vus comme poumons artificiels, nous fascinent. Je suis restée face à leurs mouvements si longtemps. Et ce piano qui s’étend au-delà de son propre corps-objet pour se mouvoir dans ses tissages. Il faut être là pour comprendre, car la cacophonie du piano, le déplacement lent des oreillers, tout cela est à expérimenter/vivre. Quant à LJÒS de Barthélemy Antoine-Loeff, j‘y vois de plein fouet le ravissement. Il faut se poser, attendre et observer ce qu’un simple reflet donne à voir. Ces halos sur les murs que nous découvrons, se changent, se déforment, dessinent des aurores boréales intérieures.

Il nous faut nous préparer, nous interroger. C’est ce qui se dégage de ces installations. Que faisons-nous avec ce qui nous entoure, qu’attendons nous pour agir ? Faut-il que nous ayons tout perdu pour que ce présent dans lequel nous vivons prenne sens ? Imaginer un avenir qui nous plaît demande à être armé, alors construisons-nous pour le meilleur. D’autres idées de lectures ont surgis pendant ma traversée mois-multienne mais je pense que Jean Malaurie, avec Oser, Résister, et Hannah Arendt, avec De la révolution, peuvent nous aider et renforcer notre rapport à la liberté tout en respectant ce qui nous entoure. J’ajouterai le livre d’Elsa Dorlin, Penser avec Donna Haraway, pour se préparer à un monde qui annonce une coévolution des espèces et des machines dont nous ne pouvons qu’imaginer.

 

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