12Sep
Christian Vachon
Essais

Les nouveautés automnales essais 2017 des Éditions du Boréal

1re partie : débats d’hier et d’aujourd’hui

Que de sujets brûlants d’actualité abordés dans cette rentrée automnale essais des Éditions du Boréal, une rentrée qui a débuté dès le 15 août avec la réédition, dans la collection Boréal compact, de La citoyenneté multiculturelle : une théorie libérale du droit des minorités de Will Kymlicka. L’auteur, enseignant la philosophie à l’Université Queen’s, aborde dans une perspective humaniste tous les thèmes essentiels de cette politique du multiculturalisme tant vilipendée par les milieux nationalistes du Québec : droits linguistiques, représentation politique des minorités, revendications territoriales, etc.

Une menace à la survivance identitaire des Québécois francophones cette politique du multiculturalisme? L’historien Éric Bédard préfère pour l’instant ne pas en débattre, en prenant plutôt du recul pour retracer la genèse de ce concept de survivance chez les intellectuels canadiens-français dans son essai qui sera publié le 12 septembre : Survivance : histoire et mémoire du XIXe siècle canadien-français. Ce n’est pas au lendemain de l’échec des Rébellions du 1837-1838, mais beaucoup plus tard que les historiens et intellectuels du Canada français, avec entre autres Lionel Groulx, auront recours au concept de survivance pour résumer plus d’un siècle d’histoire, un concept repris par bien des penseurs issus de la Révolution tranquille, « souvent dans le but de déprécier les acteurs et les intellectuels canadiens-français du XIXe siècle ». Identifiant les quatre jalons de cette « survivance » (« récit sur soi », lutte contre « l’infériorité économique », refus de remettre en cause le régime institutionnel actuel, promotion d’un « messianisme compensatoire »), l’historien Bédard se demande si, dans le Québec d’aujourd’hui, qui n’accorde d’importance qu’aux « vraies affaires », et se croit plus vertueux que les autres, tout en esquivant la question de la souveraineté, nous n’assistons pas à un « retour de la survivance ».

Pour bien des Québécois, une des « vraies affaires » à débattre, c’est la question environnementale. Le célèbre écologiste David Suzuki, en collaboration avec Ian Hanington, nous propose d’agir sans plus attendre à ce sujet, le 26 septembre, avec Halte à la surchauffe! Des solutions à la crise du climat où il identifie d’innombrables moyens à mettre en œuvre, tant au niveau individuel qu’institutionnel, agricole et technologique, pour affronter « l’enjeu déterminant de notre époque ». Pointant l’exemple de la course à la Lune entre les Américains et les Soviétiques lors des années 60, David Suzuki nous assure que le défi du changement climatique risque d’entraîner « toutes sortes de retombées bénéfiques inattendues ».

La cause des femmes est également au cœur des débats actuels. On ose même parler d’une « troisième vague du mouvement féministe », une vague qui prend en compte « ce qui différencie entre elles les femmes » : identité de genre, croyances religieuses, etc. Le discours devient, il faut l’admettre, agressif et méprisant. « Cette évolution ne met-elle pas à mal le féminisme en divisant les femmes et en les dressant les unes contre les autres? Sous prétexte de défendre les opprimés, quel que soit leur sexe, ne va-t-elle pas parfois à l’encontre de l’égalité entre les femmes et les hommes? ». La sociologue d’origine tunisienne et française Andrée Yanacopoulo s’inquiète des dérives de cette troisième vague féministe dans Pour les droits des femmes (en librairie dès le 3 octobre) où elle lance un appel « pour recentrer le mouvement féministe sur les droits des femmes ». Éviter la fragmentation du mouvement féministe, cela demeure une évidence car « quelque dominé, quelque minorisé, quelque bâillonné, quelque asservi que soit un homme, il y aura toujours un être humain qu’il pourra dominer, minoriser, bâillonner, asservir : sa femme ».

Domination, minorisation, asservissement : les peuples amérindiens subissent tout cela depuis le XVIIe siècle. Denys Delâge, réputé spécialiste de l’histoire des peuples autochtones, ainsi que Jean-Philippe Warren, sociologue à l’Université Concordia, en font à nouveau la démonstration, le 11 octobre 2017, dans leur essai Le piège de la liberté : les peuples autochtones dans l’engrenage des régimes coloniaux, s’aventurant même à comparer la collision, « d’une brutalité inouïe », de la civilisation amérindienne avec la civilisation européenne, à un « tsunami culturel ». « Au-delà de la violence des armes et des épidémies, les Amérindiens ont surtout été victimes d’une guerre culturelle ». Selon les deux chercheurs, il ne fait aucun doute que le rapport au monde des Amérindiens a été irrémédiablement altéré depuis ce contact. Les premiers habitants du « Nouveau Monde » n’arrivent pas à comprendre les « avantages de la modernité occidentale ». La liberté des « Modernes » a pris, pour eux, des « allures de prison ». Delâge et Warren nous livrent un essai d’anthropologie culturelle, un tout nouveau paradigme pour les études amérindiennes, qui explique un processus d’acculturation des Amérindiens toujours à l’œuvre malgré les multiples programmes, réformes et politiques.

Le passé d’une autre communauté « en marge » de l’histoire du Québec est revisité le 24 octobre avec l’Histoire des Juifs du Québec, la première synthèse historique sur le sujet, du début du Régime français jusqu’au tournant du XXIe siècle, « l’aboutissement de plus de trente ans de recherches dans ce domaine » du professeur du département d’histoire de l’Université d’Ottawa Pierre Anctil. Cette histoire de la communauté juive québécoise doit se concevoir comme une succession de migrations venues d’Europe, et plus récemment d’Afrique du Nord, d’Amérique du Sud et d’Israël à différents moments de l’histoire, et qui portent en elles « l’expérience d’une minorisation souvent douloureuse ». Les droits que les Juifs ont systématiquement réclamés et leurs contributions soutenues aux multiples sphères d’activité ont aussi donné naissance à un Québec « bien différent de celui qui aurait été échafaudé à partir des seules valeurs traditionnelles du Canada français ». « Il y a un judaïsme québécois et montréalais distinct de tous les autres en Amérique du Nord, et cette originalité émerge avec force du récit historique lui-même ».

Les chaudes nouveautés automnales essais de Boréal :

— Will Kymlicka, La citoyenneté multiculturelle, Boréal compact.
— Éric Bédard, Survivance : histoire et mémoire du XIXe siècle canadien-français.
— David Suzuki et Ian Hanington, Halte à la surchauffe!
— Andrée Yanacopoulo, Pour les droits des femmes.
— Denys Delâge et Jean-Philippe Warren, Le piège de la liberté.
— Pierre Anctil, Histoire des Juifs du Québec.

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