6Fév
Librairie Pantoute
Arts

Les suggestions de Marie-Laure S. Louis, libraire en résidence au Mois Multi!

Le Mois Multi et la Librairie Pantoute s’unissent pour créer des ponts entre littérature et arts multidisciplinaires et électroniques ! Accueillies en résidence pour la durée du festival, trois libraires se laisseront imprégner des œuvres de chacun des commissaires et pour nous offrir leurs suggestions de lecture.

Marie-Laure S. Louis s’investit dans le volet installations! Sa rencontre avec Jeanne Couture, commissaire dudit volet, et la découverte du programme, lui a inspiré suggestions et réflexions.

Il est difficile de pouvoir proposer des livres en lien avec des œuvres que l’on a pas encore vues et dont on a pas fait l’expérience. Une installation se vit. Lire une description permet de comprendre le mécanisme et même de pouvoir s’en approcher virtuellement à travers l’écran. On ne peut qu’imaginer le ressenti. Je partage ici les raisons qui m’ont poussé à choisir quelques unes des œuvres littéraires en lien avec le Mois Multi [1]. J’ai donc lu, puis échangé avec l’une des trois commissaires en charge, Jeanne Couture, sur les dites installations. Puis je me suis demandé pourquoi une bulle devrait être éternelle ? D’ailleurs, pourquoi une bulle ? Je n’ai eu aucune réponse mais j’ai été porté par mon imagination.

 

J’y vois le futur. Ces installations semblent questionner notre humanité ainsi que, par le récit qu’elles nous offrent, notre responsabilité face à ce qui nous entoure. Comme le Mois Multi j’ai envie de « déroger à la rigidité de l’ordre établi [2] », et cela me plaît que le festival pense à la « prodigieuse et fulgurante désobéissance ».

 

Le ravissement me semble présent dans chaque œuvre. J’ai été saisie, éblouie, tout autant que l’on ne peut passer à côté de l’évidence même de la résistance. Cette résistance que j’ai trouvé sous-jacente m’a fait pensé à ce qu’on peut définir à une résilience couplée à une mise en danger. Le fait d’être, de continuer, malgré les possibles dangers/fins. Je venais de terminer LTI La langue du IIIe Reich : carnets d’un philologue (1947), par Victor Klemperer, et je me suis dit que ce livre avait sa place dans la liste juste pour la notion de résistance. Ce philologue s’est caché pour rédiger et répertorier les tropes du langage nazi, se mettant en danger pour nous donner un texte analysant un langage totalitaire. D’ailleurs George Orwell, pour 1984 (1949), puise dans le IIIe Reich pour la novlangue. Ces installations demandent comment contrer le pouvoir malgré le fait que l’on baigne dans une système oppressif et y participe.

 

Une bulle de savon auto-remplacée, une flamme qui ne s’éteint pas. Avec ses œuvres, The Long Now et Vanistas Machine, Verena Friedrich nous questionne sur notre obsession pour la vie éternelle. Jeunesse et beauté éternelle, particulièrement pour les femmes qui se retrouvent aussi interchangeables. J’ai donc pensé à Mona Chollet, qui, avec son livre, Beauté fatale : Les nouveaux visages d’une aliénation féminine (2012), nous rappelle que nous vivons une tyrannie du corps parfait et jeune. Résistance au vieillissement ou à l’âgisme ? Le premier quant à lui se maintient grâce à la technologie, que ce soit les œuvres de Friedrich ou les nombreuses méthodes pour ralentir notre vieillissement. Et cette envie d’éternité, ce besoin de se nourrir de l’autre m’a poussé à ajouter Entretien avec un vampire (1976), d’Anne Rice, à mes proposition de lecture.

 

Sonic Jungle de l’artiste Florian Dussopt est une magnifique jungle futuriste qui nous rappelle à notre empreinte, écologique et sociale dans le monde. J’attends de pouvoir pénétrer le monde de Dussopt et de vivre l’expérience de cette interaction numérique. Une jungle qui réagit à nos pas et reprends sa place, cela me rappelle notre écosystème humain et mondial, d’où mon choix de Frères migrants (2017) par Patrick Chamoiseau. On ne peut pas tout changer autour de nous et l’ignorer. Les dominations du passé, le manque de respect à la nature, ref(er)ont surface. Dans son livre des hommes et femmes résistent pour vivre, pour ensuite mourir dans les eaux internationales. Ces corps remontent en surface pour nous dire que l’on a beau ignorer ce qu’il se passe ailleurs, ce que vivent nos compatriotes étrangers, le résultat est là. Il nous faut faire face. La terre, la flore, l’homme, résistent.

 

Blade Runner : les androides rêvent-ils de moutons électriques ? (1968), de Philip K. Dick, m’a semblé être un bon choix visuel. C’est peut-être un livre mais il a été adapté plusieurs fois à l’écran aussi. Le travail de Christian Delécluse, Depuis la nuit suspendue des temps, peut faire penser aux dystopies futuristes qui recréent, ou créent, une nouvelle sorte d’espace naturel. L’écosystème aquatique et lumineux me font voyager dans des œuvres qui nous rappellent que la nature est là, nous entoure et qu’on ne peut faire sans elle. Entre décors d’un monde futuriste et nouveau regard sur la nature, l’œuvre donne à voir un espace où la goutte d’eau a pouvoir de son. C’est possible, ici, d’imaginer un lieu dans la nature, une copie du réel de façon augmentée. Dans son roman, Dick, partage un monde où certains animaux sont des copies androïdes de vrais, car ces derniers ont disparu. Et pour prouver que l’on est humain, ou plutôt « emphatique », il est judicieux de posséder un « vrai » animal. Faut-il que tout disparaisse pour que nous ressentions le besoin de justifier nos émotions ? L’oeuvre de Delécluse m’a aussi fait basculer dans un passé lointain avec Jules Verne et son Voyage au centre de la Terre (1864). Cette installation donne à imaginer un futur-passé, quelque chose qui serait toujours là sous nous mais qui nous serait dévoilé dans le futur. Un monde, vivant, qui aurait subsisté à tout changement, et qui nous ramènerait au passé. Dans le futur, le passé. La nature à travers la jungle, par la machine.

 

Si certains des livres que je cite sont en lien avec mon ressenti de chacune des descriptions d’installations et  de leurs images/vidéos, j’ai aussi eu envie de répondre au festival. Le Mois Multi, festival international d’arts multi-disciplinaires et électroniques à Québec, m’a fait douter de la part « international » ou plutôt de ce que pouvait être international au regard du festival. Je me suis demandé pourquoi il n’y avait pas d’autochtones et seulement deux femmes [3]. Il n’y a pas obligation d’un quantité précise mais j’imaginais naturel qu’une population à moitié de femmes, et sur des terres autochtones, nous montrent sa diversité. Et aussi je n’ai vu qu’une infime partie de ce qu’on nomme « international », celle qui ressemble en tout point aux choix faits localement. L’international semble, ici, surtout français et allemand. Évidemment, ce ne sont pas les commissaires les (seuls) responsables, c’est un tout, c’est le choix de plusieurs personnes à la tête de telle ou telle institution, d’un jury par-ci ou par-là. Et si la diversité ne doit pas être imposée mais naturelle, de mon point de vue, les réflexes d’avant doivent changer.

 

Se retrouvent dans ma réponse, un choix qui permet de décoloniser nos pratiques artistiques et institutionnelles, et bien sûr de réagencer notre lien envers la nature. Pour l’art il y a Décolonisons les arts ! (2018), par Cukierman, Gerty & Vergès, puis pour une réflexion nationale, Décoloniser le Canada : 50 ans de militantisme autochtone (2018), le livre de A. Manuel & Chef R. Derrickson. Qui se trouvent à la tête des institutions, et qui a une voix ? Il est impossible que trois jeunes commissaires puissent tout changer à eux seuls. La réponse n’est pas envers eux mais bien envers ce que tout le festival révèle, tout autant dans ses œuvres que dans ses choix.

 

Je greffe à ces deux livres de la résistance par la poésie avec Joséphine Bacon, Uiesh, Quelque Part (2018), et Natasha Kanapé Fontaine, avec Bleuets et abricots (2016) et Manisfeste Assi (2014), car oui nous sommes parmi eux, et non eux parmi nous.

 

[1] Je reviendrai parler de mes autres choix et des oeuvres, après avoir visité les installations.

[2] Les citations sont du livret de présentation du Mois Multi 2019

[3] Je ne parle que des installations

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