12Mai
Christian Vachon
Histoire

L’Expo 67 fabuleusement réinventée en album

Plonger dans Expo 67 : 50 ans, 50 souvenirs marquants, de Luc Desilets (Guy Saint-Jean éditeur), c’est comme ouvrir un coffre à souvenirs, revivre cet enchantement marquant de notre vie. Un simple coup d’œil sur les pages colorées de cet album (plusieurs bleu poudre comme les uniformes des hôtesses), et je me revois, gamin de six ans, parlant au téléphone avec le Jiminy Cricket du Pinocchio de Walt Disney, au pavillon de Bell.

Luc Desilets, le magicien, a réussi à faire revivre la féérie d’Expo 67, rassemblant avec l’aide du recherchiste et historien Renaud Lussier plus de 250 photos symboliques et éclatantes de couleurs comme l’époque, dont une cinquantaine, parfois inédites, de son père Antoine Desilets. Il a également choisi une cinquantaine de « petits et grands moments » de cette exposition universelle, des anecdotes, des faits bien connus ou oubliés. Bref, Luc Desilets nous convoque à un tour d’horizon de cette grande aventure collective, exceptionnelle et réussie, n’hésitant jamais à faire vibrer la fibre nationaliste : oui, le Québec sait faire!

Luc Desilets nous rappelle, entre autres, que Jean Drapeau n’était vraiment pas enthousiasmé en 1957 par ce projet d’exposition universelle, une idée « saugrenue » soutenue par Sarto Fournier, son adversaire victorieux à la mairie cette année-là. Il changera d’idée lorsqu’il reviendra au pouvoir en 1960, étudiant même le projet d’y déménager la Tour Eiffel. Le maire Drapeau était aussi presque le seul à ne pas apprécier l’inspirante chanson thème « Un jour, un jour, quand tu viendras », composée par Stéphane Venne : il lui reprochait de ne pas mentionner le nom de Montréal.

Tout à fait mémorable, même sans Montréal, cet air gagnant d’un concours chaperonné par la compagnie d’assurance Sun Life et popularisé surtout par la voix de Donald Lautrec (que Stéphane Venne fera enregistré en cachette, alors qu’on lui imposait Michèle Richard). Mémorables aussi ces passeports, avec photo souriante si possible, pour permettre l’accès pendant toute la durée de l’Expo, au lieu du traditionnel macaron ou billet d’entrée, une idée originale du directeur de l’exploitation Philippe de Gaspé Beaubien en 1964 et qui fera « le tour du monde ». Mémorable enfin, ce logo intelligent et rassembleur concocté par le designer Julien Hébert, ces hommes debout, bras tendus vers le ciel, célébrant en répétition l’amitié, l’aventure, la joie.

Trop vite oublié toutefois ce Terre des hommes, poème écrit par Michèle Lalonde et récité lors du gala inaugural de l’Expo à la Place des Arts, en avril 1967, un poème où se retrouvent symbolisés « les blessures, les humiliations, et les préjudices » causés au peuple francophone québécois. Terre des hommes, « terre des sueurs, de sang, de soleil, hostile et prodigue, belle ambivalente (…), la résignation et le courage de la colère… ».

Expo 67 reflète aussi en « sol québécois » cette « Guerre froide » de l’époque, avec ces pavillons des États-Unis et de l’URSS, chacun sur son île (Île Sainte-Hélène pour l’un, Île Notre-Dame pour l’autre), qui se regardent vis-à-vis. Dès la fin de l’exposition, l’URSS va démonter son pavillon pour le reconstruire chez elle, tandis que la structure américaine, ce célèbre dôme conçu par Richard Buckminster Fuller, signale encore, cinquante ans plus tard, sa présence spectaculaire.

Expo 67, c’est l’étonnement, l’inattendu, c’est cette technologie futuriste au pavillon du Téléphone : le cinéma à 360 degrés, le « Imax avant le temps » du Labyrinthe. C’est cette première dans l’histoire des expositions universelles, un Pavillon de la Jeunesse (on a dû se battre pour faire accepter l’idée), où sera offerte le 1er juin, cette grande première en Amérique, l’audition publique du Sgt Pepper des Beatles.

Expo 67, c’est plus de 50 millions de visiteurs, des gens « comme vous et moi », d’autres sortant un peu de l’ordinaire, une reine Élisabeth qui « viendra, viendra pas » (une « polémique » alimentée pendant deux ans par les journalistes), et qui « viendra » finalement inaugurer l’exposition le 27 avril 1967 (bravant ces « terroristes » qui, paraît-il, avaient promis d’attaquer le yacht Britannia « quelque part pendant son trajet »). Elle se permet même ce commentaire : « L’exposition est extraordinaire, mais le site est plutôt sale ». Pierre Bourque, ingénieur horticole, responsable de l’aménagement – et futur maire de Montréal –, va régler le problème avec sa directive : « aussitôt jeté, aussitôt ramassé ».

Un autre visiteur prestigieux, portant képi, prononcera lui aussi, du haut d’un balcon, des commentaires tout aussi turbulents. Un empereur, Haïlé Sélassié, viendra de son Éthiopie, accompagné de son chihuahua royal Lulu (passant outre l’interdiction d’animaux sur les îles). Un impopulaire président américain (Vietnam oblige), Lyndon B. Johnson, y fera un bref tour, le 25 mai 1967, le temps de se faire insulter. Un plus populaire Robert Kennedy se fera accueillir en « rock star » le 5 juillet, désireux, avec son épouse et sept de ses enfants, de se changer les idées plutôt que de s’en faire bourrer la tête (« Enough of this educational stuff! Let’s go to La Ronde and have some fun! »). Sa belle-sœur, Jackie Kennedy, va explorer, elle, le site à deux reprises.

D’autres visiteurs sont carrément indésirables. Une guerre sans merci est livrée aux rats (attirés par ces « tonnes de vidanges ») et aux éphémères, mieux connues sous le nom de « manne ». Pour lutter contre cette seconde calamité, on optera pour un épandage « en douce » de DDT.

L’Expo 67 n’échappe pas aux rumeurs de toutes sortes. On évoque entre autres qu’elle va être la cible des « kidnappeurs internationaux d’enfants ». Le bilan : « on a dénombré 26 234 enfants perdus et 26 234 enfants retrouvés ». On a aussi dénombré 13 896 adultes perdus et 13 896 adultes retrouvés.

L’Expo 67 n’est pas que moments réjouissants. Il y a cette mauvaise « gouvernance » de Logexpo, ces 40 000 chambres d’hôtels, de motels, et de maisons privées qui devaient être accréditées pour les visiteurs. On découvrira que plusieurs d’entre elles étaient insalubres ou carrément inexistantes. Il y a cette grève de 31 jours, à l’automne, des chauffeurs d’autobus montréalais (contraignant employés et visiteurs à se rendre sur le site de l’Expo par leurs propres moyens). Il y a, enfin, cette lente agonie de l’après Expo, de cette « Terre des Hommes », exposition permanente qui, après une succession de déficits, va mourir en 1981 (sa collègue ludique, La Ronde, demeure toujours en vie).

L’Expo 67, surtout, cet album nous en fait amplement la démonstration, c’est un paradis pour « les amoureux de l’image » avec ces bâtiments gigantesques, aux formes inhabituelles et parfois extravagantes, ces pavillons « aux couleurs de l’arc-en-ciel ». « Pour moi, ce fut un été extraordinaire », avoue à son fils Luc son père Antoine Desilets, le « photographe heureux ». « Quand j’arrivais sur le site, je tombais en transe ». Vous pouvez admirer une dizaine de « bijoux de composition photographique » tirées de « l’œil d’Antoine Desilets ».

« Et si on remettait ça? », propose pour conclure Luc Desilets. La prochaine exposition universelle se tiendra à Dubaï à l’automne 2020. Pourquoi pas Montréal en 2025?

À consulter :

— Luc Desilets, Expo 67 : 50 ans, 50 souvenirs marquants et autres secrets bien gardés, Guy Saint-Jean éditeur.

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