30Avr
Christian Vachon
Biographies

La vie chanceuse de René Homier-Roy

Que de patience usa le critique de cinéma Marc-André Lussier pour convaincre René Homier-Roy à se prêter à l’exercice des confidences, un exercice qui relève « davantage de la vanité que de la vérité » lui opposait-il, toujours, en guise de refus. Cette patience est enfin récompensée, et nous en sommes bénis. Moi, publié chez Leméac cet hiver, nous révèle un René Homier-Roy coloré et sympathique, nous confiant son histoire faite de tendresse et d’amitié, d’audace et d’improvisation (avec un ou deux soupçons de regrets), d’un, osons le mot, autodidacte du milieu culturel qui avoue, sans gène, que la « chance (…) a été dans ma vie plus importante que le talent ». Voyons voir.

René Homier-Roy, né en 1940, a eu la chance d’avoir une enfance « extrêmement agréable », et une famille bienveillante. René Homier-Roy a eu la chance, à la fin des années cinquante, de développer son goût du cinéma lors d’escapades newyorkaises avec son ami Jean-Louis, et de connaître ses premiers émois de voyage en France.

René Homier-Roy va surtout avoir la chance de rencontrer Pierre, le grand amour de sa vie, ce réalisateur de Radio-Canada qui va lui offrir son « véritable apprentissage culturel ».

René a aussi cette autre chance, au milieu des années soixante, d’être embauché au Petit Journal à titre de correcteur à la pige, un emploi saisonnier lui permettant de financer ses études universitaires en sciences politiques qui vont le mener Dieu sait où (« je ne cherchais pas à devenir journaliste). C’est là qu’il va apprendre à écrire sur le tas, « en corrigeant les textes des autres ».

Un patron, Serge Dussault, demande un jour au correcteur s’il avait envie de voir un film et d’en rédiger la critique. Il accepte. Il va voir The Agony and the Ectasy de Carol Reed, un drame historique avec Charlton Heston et Rex Harrison. Il pond un commentaire avec, déjà, dans son titre, ce sens inné de la formule « qui fait mouche » : Michel-Ange et son Jules. Il se fait offrir un poste régulier, abandonne l’université, et « ne regarde plus en arrière ».

La suite : des histoires d’un gars amoureux fou de cinéma, de télévision, de livres, de musique qui s’amuse à « swingner » les projets, à « brasser la cage », et faire « assez clairement comprendre où il loge ». C’est la longue aventure de Nous, lancé en 1973, le « magazine des Québécois libérés » (qui va atteindre les 100 000 exemplaires vendus en kiosque), où va sévir Chantal Bissonnette, cette fausse chroniqueuse (dissimulant, malicieusement, Pierre Bourgault) racontant sa trépidante vie sexuelleC’est celle, plus courte, du début des années 1980, de la revue de cinéma Ticket, où il permet, enthousiasmé, à un critique débutant, du nom de Richard Martineau, d’exercer sa plume.

Le public va aussi découvrir, lors de passages à Bon dimanche,pendant les années 1970, puis à l’animation d’À première vue, dans les années 80, cet homme aux « allures de dandy », au crâne dégarni et « à la barbe savamment taillée », sachant se démarquer par son style grinçant. C’est que René Homier-Roy a eu cette autre chance : avoir une Suzanne Lévesque pour lui apprendre le métier de communicateur.

René nous égaye dans ce Moi. Il nous confie sur À première vue qu’il prenait toujours un malin plaisir, avec Chantal Jolis, à tirer « la couverte de son côté », et que c’est lui qui a demandé à Nathalie Petrowski, prenant le relais de Chantal, d’arborer des tenues extravagantes à la Dynasty (« grosses épaulettes, coiffures laquées, imposantes, … »).

Suivent ensuite, à l’automne 1989, l’expérience « bordélique », mais très médiatisée, de la Bande des six, puis, lors de la décennie suivante, celle, moins réussie parce que « à la facture plus sage » de Six dans la cité.

Pendant longtemps, selon René Homier-Roy, la radio, c’était quelque chose « qu’il pratiquait par-dessus la jambe », la télévision, estimait-il, étant « la vraie affaire ». Cette perception va changer du tout au tout lorsqu’il pilotera, à partir de l’automne 1998, et pendant quinze ans, l’émission matinale de Radio-Canda C’est bien meilleur le matin, une épiphanie pour lui, le sentiment, enfin, « d’être au cœur de l’actualité, d’être utile à la société ». Il trouve rapidement ses repères et ses aises, et les résultats sont là : en deux ans et demi, les cotes d’écoutes vont tripler. Chanceux René Homier-Roy ? Non, talentueux.

Moi, c’est aussi l’occasion de nous abreuver du franc-parler coutumier (et apprécié) de René Homier-Roy qui nous livre ses propos sur le Québec actuel, sur la vie politique, sociale et culturelle, sur Montréal, une ville « encore aujourd’hui très provinciale(…).  Mais, dans les plus grandes villes, il existe une tension qu’on ne sent pas à Montréal. Voilà qui est précieux ».

Il n’est plus certain que la souveraineté du Québec pourrait un jour devenir une réalité, mais « ne remet pas en question sa pertinence ». Il demeure, de plus, ferme sur ceci : le gouvernement du Québec devrait réclamer tous les pouvoirs en matière de culture. « C’est l’évidence même ».

Il ne peut s’imaginer vivre « sans la richesse de la télévision », mais juge, par contre, que le phénomène La voix(« trop formaté, tuant le talent ») fait beaucoup plus de tort que de bien à l’industrie.

L’amant du cinéma porte aussi ce jugement : « Jaws a sonné le glas du cinéma américain intéressant », qui n’est plus maintenant que « tapage », alors que le cinéma québécois connait une évolution fulgurante depuis le Déclinde Denys Arcand.

René, en fait, fut, est, et sera toujours un fou de lecture, qui déclare, avec satisfaction, avoir « lu beaucoup plus de bouquins dans sa vie que vu de films », mais qui estime qu’il y a, au Québec, « trop de maisons d’édition publiant trop de livres ».

Il pense, enfin, que nous avons une bonne radio publique, « remarquable même », et bien supérieure à la radio française, « trop rigide », mais une menace pèse sur ce monde des communications. Il faut être conscient du « réel danger » du web (où s’exerce une « majorité de crétins ignorants ») pour la survie du journalisme.

René Homier-Roy vit de douloureux moments en 2012. La « grande faucheuse » visite son entourage, emmène, en quatre mois, ses deux meilleurs amis, Jean-Louis et Marie-Hélène, et son conjoint Pierre, « la stabilité incarnée ». Il a été surpris « quand on s’est mis à s’intéresser à sa vie amoureuse ». Il n’a jamais vécu douloureusement son orientation sexuelle, sans avoir, il l’avoue, lui le discret, la « fibre militante ».

Que fait maintenant « retraité » ? Il a un rythme de vie « plus léger », mais garde un lien très fort avec le milieu culturel, grâce à Culture club, son émission radiophonique hebdomadaire à Radio-Canada. Son franc-parler subsiste, et nous avons un bel exemple dans les ultimes pages de ce Moi. « Parfois, j’hallucine dit-il. J’ai du mal à comprendre comment certains peuvent continuer à prendre au sérieux des gens comme Éric Duhaime ou Sophie Durocher ». Il s’inquiète du « virage populiste » dans le milieu de l’information. « Même Richard Martineau, que j’aime encore beaucoup malgré tout, a perdu toute crédibilité à mes yeux ».

Des milliers d’auditeurs vont l’adorer encore plus après la lecture de ce Moi, des milliers d’auditeurs qui ont eu la chance de l’entendre, et le lire, pendant cinq décennies.

– À consulter :
René Homier-Roy, avec la complicité de Marc-André Lussier, Moi, Leméac.

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