7Jan
Christian Vachon
Histoire

Que commémorer en 2020 ? Des invasions et une séparation

On commémore, en 2020, les 500 ans d’un Noche Triste, cette nuit, du 29 au 30 juin 1520, où Cortès et les survivants de sa bande fuient la capitale aztèque. L’invasion du Mexique tourne au fiasco.  Presque.  Quelque jours plus tard, le 5 juillet, à Otumba, à l’aide d’une charge d’une douzaine de chevaux, les conquistadores remportent une victoire inespérée.  Une civilisation, inexorablement, s’effondre.

Cent ans plus tard, plus au nord, d’autres Européens, des Pilgrims, des opposants à l’Église d’Angleterre, débarquent sur le continent américain, à un lieu connu maintenant sous le nom de Cape Cod, au Massachusetts. Fuyant les persécutions religieuses, et politiques, de l’Ancien Monde, ils vont alors, au Nouveau Monde, exercer leurs propres persécutions religieuses. Bannis par eux, des anciens membres de la communauté vont même fonder, en 1636, dans un territoire voisin, le Rhode Island.

Cette arrivée des Pilgrims, aux premières mythiques (le « self-government », le « Thanksgiving »), est perçue, dans l’imaginaire collectif (malgré l’existence, depuis 1607, à Jamestown, dans la Virginie actuelle, d’une colonie anglaise), comme l’acte de naissance de l’expérience américaine.  Un bouquin, publié en 2009, chez l’éditeur Lattès, témoigne de son aura épique :  L e Mayflower, l’odyssée des Pères pèlerins et la naissance de l’Amérique, de Nathaniel Philbrick.

Cent-cinquante ans plus tard, un 29 avril 1770, un autre Européen, l’explorateur James Cook, accostant, avec son Endeavour, à Botany Bay, prendra possession, au nom de l’Angleterre, d’un immense territoire : l’Australie, sans demander leur avis aux Aborigènes qui font bon usage de ces terres depuis plus  de 50 000 ans. De retour de son périple autour du globe, Cook vante à son gouvernement les mérites de ce nouveau domaine de la Couronne britannique.

On retient, surtout, que ce vaste continent, isolé, est situé au bout du monde.  La Couronne s’empresse, dix-sept ans plus tard, d’en faire une colonie pénitentiaire.

Il n’y a pas que l’aventure australienne qui débute de façon extravagante.  La guerre franco-prussienne, aussi, cent ans plus tard. Napoléon III, berné par le chancelier germanique Bismarck (et sa dépêche traficotée d’Ems), ente en guerre, un 19 juillet 1879, l’âme aussi sereine que son ministre Émile Ollivier (« La guerre, nous l’acceptons le cœur léger »). Cette armée prussienne « qui n’existe pas », selon le maréchal Le Bœuf, le ministre de la Guerre, appuyée des troupes des autres États allemands, va mettre, en quelques semaines (après la capitulation de Sedan, le 2 septembre), un terme à un empire (le Second Empire français), et encourager la naissance d’un autre (le IIe Reich allemand).

Cinquante ans plus tard, à l’été 1920, c’est une Pologne renaissante, après la Grande Guerre, qui évite de peu l’effondrement (grâce à l’aide, entre autres, de conseillers militaires français, dont un certain Charles de Gaulle),  devant Varsovie, face aux envahisseurs bolcheviques.

Un 11 janvier 1970, il y a cinquante ans, au Nigeria, en Afrique, une guerre, cette fois-ci, prend fin.  L’armée de la province sécessionniste du Biafra, après trois ans de lutte, accepte un armistice.  On tente, alors, de mettre fin à cette famine qui frappe l’imaginaire du monde occidental, la plus horrible de la seconde moitié du siècle (elle fait plus d’un million de victimes), causée, depuis deux ans, par le blocus de l’État fédéral nigérian.

Des médecins français, dont Bernard Kouchner et Louis Schittly, interviennent, au milieu du conflit, pour limiter les dégâts.  Leur action humanitaire est à l’origine, en 1971, des Médecins sans frontières. Louis Schittly lui-même raconte cette aventure dans L’homme qui voulait voir la guerre de près :  médecin au Biafra, Vietnam, Afghanistan, Sud-Soudan, publié, en 2011, chez Arthaud.

L’élection, à la présidence chilienne, du candidat de l’Unité populaire Salvador Allende, le 4 septembre 1970, annonce aussi, il y a cinquante ans, un nouvel ère pour ce pays, et même pour l’Amérique latine.  Une bande dessinée (un roman graphique de plus de 300 pages), Le temps des humbles : une histoire du Chili, 1970-1973, de Désirée et Alain Frappier, éditée, cet hiver 2020, chez Stamkos, va nous faire revivre ce moment d’espérance, prometteur de réformes, pour les classes populaires, brutalement interrompu, mille jours plus tard.

De plus violents bouleversements frappent la Jordanie, ce même mois de septembre 1970.  La monarchie hachémite évite l’effondrement de justesse (avec l’aide d’Israël ?) lors d’affrontements (encouragés par la Syrie voisine) avec les Palestiniens, des événements enclenchés , entre autres, suite au détournement, par le groupe terroriste Septembre noir, de trois avions commerciaux vers le désert jordanien.  L’OLP (l’Organisation de la libération de la Palestine), perdante, expulsée, doit trouver refuge au Liban.

L’espoir du paix durable, au Proche-Orient, s’estompe durablement, il y a vingt-cinq ans.  Le 4 novembre 1995, le premier ministre israélien Yithzak Rabin, l’instigateur des accords d’Oslo avec l’OLP, est assassiné, à Tel-Aviv, par l’ultranationaliste Yigal Amir. Un passionnant, et fort bien documenté, roman, Breaking News (disponible en français, en format poche, chez Points), de l’allemand Frank Schätzing, nous fait prendre conscience du tournant désastreux que représente cette tragédie sur le processus de paix enclenché.

Revenons un peu en arrière.  Il y a cinquante ans, un 16 avril 1970, l’inévitable se confirme : Paul McCartney annonce que les Beatles sont officiellement séparés, une « mort annoncée » depuis le départ définitif, après le lancement d’Abbey Road, en septembre 1969, de John Lennon.

Hugues Blineau, dans une fiction Le jour où les Beatles se sont séparés, chez Médiapop, nous remémore, cet hiver 2020, comment tous et chacun vécurent cette fin d’une époque. Un costaud essai, chez l’éditeur Perrin, rigoureux, truffé d’entretiens inédits, Les Beatles, de Frédéric Granier, nous retrace, également, en ce même début d’année 2020, les succès, et les désillusions, que le groupe britannique va vivre, au cours de sa brève, et fulgurante, carrière, tout en nous éveillant sur la contribution majeure du Fab Four à l’évolution sociale et culturelle des années 60.

Il y a 500 ans, une invasion entraîne la mort d’une civilisation.  Il y a 50 ans, une séparation met un terme à une révolution.

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