14Mar
Christian Vachon
Biographies

Rhapsodie québécoise, ou «Comment je suis devenu Québécois»

Un parcours piquant et décapant d’un enfant de la loi 101

« Je suis assez bête pour vouloir aborder les défis de l’intégration des immigrants au Québec sans angélisme, sans langue de bois, sans tabous : la seule manière de voir où nous en sommes et où nous allons ».

Akos Verboczy, né en Hongrie, vivant en Amérique depuis 1986, raconte dans Rhapsodie québécoise : itinéraire d’un enfant de la loi 101, une publication hivernale de l’éditeur Boréal, comment, quelque part en chemin, il est devenu Québécois, lecteur du Devoir, passionné du cinéma de Pierre Falardeau, et même attaché politique dans le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Verboczy s’interroge sur la futilité de ce parcours, « qu’au moment où j’affirme que je suis devenu Québécois, c’est le Québec qui semble parfois ne plus vouloir l’être ».

Répondant, à l’aide de son itinéraire d’immigrant, à ce « Tu viens d’où? » dont il est trop fréquemment la cible, il propose, par la même occasion, un questionnement sur le « où allons-nous? ». Récit pétillant d’humour, finement bien écrit, riche en observations pertinentes – et impertinentes –, Rhapsodie québécoise jette un regard cinglant sur les enjeux actuels de la question identitaire et de l’intégration des immigrants.

« Ma mère a décidé d’émigrer au Québec en apprenant le tarif pour une épilation complète des jambes dans les salons de beauté canadiens (…) les femmes (à Montréal) (sont) prêtes à débourser une somme astronomique pour se faire couler de la cire brûlante sur les jambes ». Rien d’héroïque dans la volonté de quitter une Hongrie « communiste » chez la famille Verboczy en mars 1986, simplement une opération comptable, comme pour bien des immigrants. « Les défis de l’intégration à la culture et à la vie locale ne sont que des données négligeables quand on s’est convaincu de pouvoir vivre mieux et s’enrichir ».

Akos Verboczy arrive en Amérique canadienne « paradis sur Terre, mais avec du chauffage pour l’hiver », à l’âge de 11 ans, convaincu, grâce à Shériff, fais moi peur que même les plus démunis des villageois « avaient de belles voitures, des jeans et le sens de l’humour ». Les catalogues de Canadian Tire et de Distribution aux consommateurs remplacent ses romans hongrois « comme lectures préférées ». Il ne se plaint pas trop, non plus, de « l’ambiance de garderie » de son école primaire au Québec, qui ne rivalise en rien « avec les exigences, l’autoritarisme et le sérieux d’un pays comme la Hongrie ».

Lui « plutôt juif » (ces grands-parents ont fait partie du quart des 400 000 juifs hongrois qui ont survécu à la guerre), mais ayant, en fait, un fort sentiment d’imposture (« Je vivais dans la crainte d’être démasqué »), tente de trouver son chemin – et son identité – dans une école secondaire multiethnique où il pige assez vite « que pour être in, fallait parler anglais ». « La résistance passive des élèves à la loi 101 était l’usage du franglais ».

Lui qui, au lendemain de son secondaire, « aurait aimer s’appeler Martin », passant un peu partout pour une bête curieuse (« les répétitives questions sur nos origines, toujours les mêmes, commencèrent à me harasser »), arrive enfin, au collégial, « à ce qui commence », à se composer une rhapsodie, non plus hongroise, mais québécoise. En choisissant, un peu malgré lui (« le prix à payer pour des années d’études en dilettante au secondaire »), de confronter l’avenir dans un cégep francophone, le cégep Rosemont, il forge sa nouvelle identité. « Le Cégep (francophone) m’a permis de m’ouvrir sur un autre monde, celui que le ministère de l’Éducation m’a habilement caché jusque-là : le Québec ».

Un rôle passif de scrutateur pour le parti Québécois, lors d’une élection provinciale en 1994, va le conduire, un peu par hasard, vers la politique active. Travaillant dans un COFI où on enseigne le français – et où il hérite de la responsabilité de présenter le Québec à des étrangers –, il commence vraiment à aimer et à adopter ce Québec. « Et c’est par devoir de le défendre que je suis devenu souverainiste ».

Le soir du 30 octobre 1995 est un soir catastrophique selon lui, non seulement à cause de ce référendum perdu, mais par les germes répandus par le discours de Jacques Parizeau qui « a réussi à transformer les vainqueurs en victimes ». Convaincre les nouvelles générations d’enfants d’immigrants francisés, « ces enfants de la loi 101 », de la pertinence et la légitimité de l’option souverainiste était alors possible avant ce soir fatidique. « Au lieu de quoi, parler de l’instrumentalisation de l’immigration pour combattre la souveraineté est devenu le plus grand tabou politique du Québec ».

Dans le Québec qu’on lui propose maintenant, ce Québec multiculturel, cette « nouvelle réalité de la diversité montréalaise du Québec contemporain du XXIe siècle » qui doit se refléter partout, à la télé, dans la publicité, au cinéma, « il se sent étranger ». Akos Verboczy, avec son parcours singulier d’immigrant, ne se sent pas « coupable », ni « vieux jeu », persiste à prôner que « s’épanouir collectivement et individuellement en français au Québec c’est souhaitable », que, comme l’énonce le cinéaste Bernard Émond, « il y a quelque chose dans l’idée d’un Québec cosmopolite que j’aime beaucoup et il y a quelque chose dans le vieux fond canadien-français que j’aime autant ». Mais cette grande séduction tourne, faute de moyens, à la grande déception. Le modèle est à redéfinir,

Verboczy ose, alors, parler d’un autre tabou, d’une immigration à réduire parce qu’on n’a plus les fonds pour bien l’intégrer. Personne n’ose dire que « pour offrir la providence aux nouveaux arrivants, oui, il faut lutter contre la discrimination, mais il faut d’abord rebâtir l’État providence ». « On ne peut forcer l’intégration, mais on ne peut se contenter d’un laisser-faire indifférent ».

Verboczy en fait le triste constat, ce n’est pas au triomphe des enfants de la loi 101, des enfants de la Charte de la langue français, citoyens d’un Québec français auquel on assiste, mais à celui des enfants de Trudeau et du multiculturalisme, des enfants de la Charte des droits de la Constitution de 1982, citoyens du monde modèle.

À consulter :

— Akos Verboczy, Rhapsodie québécoise : itinéraire d’un enfant de la loi 101, Boréal.

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