6Juin
Christian Vachon
Histoire

Un album féérique pour les 50 ans du plus gros joujou au monde : La Ronde

« Enough of this educational stuff! Let’s go to La Ronde and have some fun »
– Robert F. Kennedy, 5 juillet 1967

Tristan Demers n’est pas qu’un dynamique animateur d’émission jeunesse, un prolifique créateur de bandes dessinées, ou le réputé auteur de Tintin et le Québec, il est aussi un amant de sensations fortes, un friand adepte de parcs d’attraction de par le monde. Nul mieux que lui n’est en mesure de décrire et de célébrer cinquante ans de « fun » et de féérie sur l’île Notre-Dame de Montréal avec Emmène-nous à La Ronde : 50 ans de plaisirs forains, publié ce printemps aux éditions de l’Homme, un album plein de couleurs, de nostalgie et de fierté.

L’auteur a fouillé 4 000 pages d’archives. Il raconte une histoire qui n’a jamais été contée, celle de « notre Disneyland à nous, celui que j’avais sous le nez depuis la petite enfance ». Il s’amuse à nous surprendre, à éveiller une multitude de moments effacés de nos souvenirs. Tristan Demers est un « déclencheur de mémoire ».

Bien sûr, on n’a pas oublié cette chanson, cette mélodie de Marc Gélinas, « pendant récréatif du « Un jour, un jour » » de l’Expo 67, ce ver d’oreille : « Emmène-nous à La Ronde, La Ronde, La Ronde. Le plus gros joujou au monde ». Mais qui se souvient de ce 33 tours : Tante Lucille à La Ronde, et de cette rare sortie, hors des studios, de Bobino, l’idole des enfants, pour un tournage de quelques émissions à La Ronde?

Tristan Demers nous rappelle aussi la bataille menée par le parc Belmont, ce lieu récréatif montréalais privé, installé à Cartierville depuis 1923, contre l’ouverture de ce compétiteur « public » (le parc Belmont « encaissera le coup », mais fermera tout de même ses portes en 1983).

La Ronde voulait attirer plus de visiteurs que Disneyland (première destination touristique des États-Unis), tout en faisant appel à l’expertise logistique de Walt Disney et de son équipe (une rue de La Ronde va porter d’ailleurs son nom : chemin Disney). La Ronde surtout, insiste Tristan Demers, ne souhaitait pas offrir au départ que des manèges de fine pointe. Les promoteurs désiraient présenter « une expérience enivrante à mille lieues des odeurs de popcorn et de la cacophonie associées aux fêtes foraines ambulantes ». Ils vont livrer.

La Ronde, en 1967, ce sera finalement quatorze « espaces », dont l’Aquarium (ou pavillon Alcan); le « Jardin des Étoiles » (un amphithéâtre de 1 500 places); le Pavillon de la Jeunesse (seul pavillon de l’Expo à l’intérieur de La Ronde); le Gyrotron, « star incontestée » du site (mais incontestablement décevant pour bien des « expérimentateurs »); la Spirale, avec sa vue panoramique « à couper le souffle » sur le site; le Lac des Dauphins, vaste bassin d’eau de 78 000 mètres carrés (avec ses démonstrations de ski nautique, ses compétitions de canots automobiles,…); le Fort Edmonton (financé par la capitale albertaine), où on retrouve la populaire « Pitoune »; un pub allemand, le « Beer Garden » (offrant des bières autres que la Dow ou la Labatt 50); des boîtes à gogo nombreuses, branchées : « Le Flibustier », la « Disco Villa »,… La Ronde, ce sera effectivement beaucoup de « fun » et un peu, tout de même, « d’educational stuff ». Plus de 22 millions de personnes en cet été 1967 vont s’y éclater… et un peu s’instruire. Elle devient définitivement le plus gros joujou au monde.

Le « fun » va continuer après 1967, avec beaucoup, beaucoup plus de succès que le site voisin, devenu permanent, de Terre des Hommes. Les visiteurs sont certes passablement moins nombreux que l’année du centenaire du Canada (les entrées vont tourner autour de 1,3 million de visiteurs à chaque été), mais le parc récréatif évitera les lourds déficits de sa voisine « éducative ». La Ronde devient le « respirateur artificiel » de l’île Sainte-Hélène (« l’exposition permanente » sera finalement démantelée en 1981).

Tristan Demers prend un malin plaisir à évoquer cette fin des années 60 où La Ronde a mauvaise réputation avec « ces jeunes hippies drogués jusqu’au cou, titubant comme des bourriques ». Les « cheveux longs » se virent finalement refuser l’entrée. La Ronde brille toutefois de tous ses éclats lors de l’été 1977, à l’ère du disco, avec cette émission de Télé Métropole, animée par Michel Girouard, tournée au « Jardin des Étoiles ». Dalida, Grace Jones et bien d’autres y viendront faire leur tour.

La Ronde va surtout définitivement rompre avec ses ambitions didactiques au début des années 80. Fini « l’educational stuff ». Il faut être à la hauteur des rivaux américains (sacrifiant au passage ces œuvres d’art mal entretenues et abandonnées sur le site). Débute l’ère des supers manèges : le Maelstrom, l’Astronef (il y en aura plus de trente-cinq!), de ces montagnes russes gigantesques, construites avec un million de planches de bois. La Ronde fait preuve d’imagination, crée des « buzz » avec sa scène flottante sur le lac des Dauphins, ce festival international de feux d’artifices qui se tient depuis 1985.

La Ronde se « privatise ». Une compagnie américaine, la Société Six Flags, devient officiellement propriétaire de La Ronde au printemps 2001. Pour s’en désintéresser? Bien au contraire : pour fournir « plus d’émotions fortes » (Le Vampire, Le Splash, Le Goliath,…). Elle va investir 30 millions de dollars dès la première année.

La Ronde, aujourd’hui, continue de s’adapter aux changements. Elle livre des divertissements du XXIe siècle, présente les premières montagnes russes « offrant la réalité virtuelle au pays ».

Beaucoup de choses, donc, ont changé depuis 1967. Le Pavillon de la Jeunesse a disparu dès 1968. Le Gyrotron, avec ses attentes démesurées, a été détruit en 1983, remplacé par des montagnes russes pas du tout décevantes : Le Monstre. L’aventure de l’Aquarium s’est achevée en 1993. Un téléférique devenu trop « vintage » a été démantelé dans les années 2000.

Mais ici et là, on retrouve des indices de l’effervescence et de la féérie des débuts. La Pitoune, cette incontournable, est toujours là. Et, aussi, Le Galopant, ce manège sculpté à la main par le Belge Léon Bolland (acheté par l’Exposition dans les années 1960 pour 75 000 dollars), le plus vieux manège de chevaux de bois galopants au monde, restauré, en 2007, au coût de 12 000 000 de dollars (petite info pour nostalgiques : c’est ce manège qu’on retrouvait au début du générique de Quelle famille!).

Modernité et continuité patrimoniale : excellente recette. La Ronde va bien. Les passeports-saisons se vendent « comme des petits pains chauds ». Un « success-story » que décrit fort bien Tristan Demers en ces termes : « Elle carbure au plaisir, tout simplement ». Bobby Kennedy l’avait dit.

À consulter :

— Tristan Demers, Emmène-nous à La Ronde : 50 ans de plaisirs forains, de l’Homme.

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