22Sep
Christian Vachon
Essais

Un nationaliste en colère

« Ce livre est un livre de colère », confesse dès la première ligne de son Avenir du bluff québécois. La chute d’un peuple hors de l’histoire (Liber) l’auteur Christian Saint-Germain. Si la colère est souvent dite « mauvaise conseillère », elle est tout de même franchement inspirante dans ce bouillant pamphlet.

Christian Saint-Germain, professeur de philosophie à l’UQAM, est un nationaliste désillusionné, désillusionné par les Québécois qui restent des « Papous surdimensionnés au corps d’enfant avec le faciès de vieillards de quatre cent ans tétant le sein noir de leur misère symbolique », désillusionné par la « chose » politique québécoise qui « carbure à l’existence sans honneur (la vie en cheptel linguistique) (…) toute accaparée depuis la Révolution tranquille par la préservation des privilèges de son appareil et de ses cadres », désillusionné par le discours nationaliste québécois ne performant qu’au bluff.

Christian Saint-Germain, dédiant son essai à Pierre Vallières, celui qui a révélé notre condition de « nègres blancs d’Amérique », pointe notre attitude collective de colonisé « qui prend sa pauvreté pour de la richesse et sa richesse pour de la pauvreté ». Nous avons refusé de répondre « à la vocation surnaturelle du peuple québécois (énoncée par Lionel Groulx) » installant « un lien organique entre notre présent de colonisé et celui de nos ancêtres, ces vaincus des autres époques, (…) de tenir notre promesse quant à l’histoire de l’Amérique française, de langue à préserver, de salut identitaire pour les prochaines générations ». Conduits « par des peddlers à cassette en souliers blancs », vendant « la balayeuse de la souveraineté » tout en n’ayant « rien à dire sur l’honneur des peuples affranchis », nous avons refusé « la rupture et la résistance active à l’État fédéral ».

« L’indépendance sans lien organique à l’histoire, ni projet social, un point d’horizon – une fuite en avant – dans un discours politique vide », « un scénario de Marcel Gamache ».

Christian Saint-Germain déplore que l’indépendance nationale soit présentée ou tirée de la « boîte de Pandore de la Révolution tranquille ou comme son prolongement logique ». La société québécoise se transforme, dès lors, « en boulette de plasticine bureaucratique, en machine à produire de l’assurance-maladie, du soutien financier aux écoles confessionnelles, illégales ou non ».

« Une exubérance bureaucratique » qui remonte à ce « bon gouvernement péquiste », à « cette insoutenable légèreté du PQ » des années 70, en faisant une « injure à l’intelligibilité de la cause ». « Même Pauline Julien ne croyait pas aux sornettes de Gérald Godin parti apprendre des sets carrés aux vieux Grecs dans Mercier et revenu en dansant le sirtaki ». Et ça recommence dans les années 90. Parizeau et Bouchard, les deux « peddlers », livrent des discours ne contenant « aucune animosité historique ni référence « ethnique » pour accuser notre condition » : « C’est pas mêlant, c’était une décision d’affaire pis on se retrouvait ben bon d’en être arrivé là! … On se séparait même avec des bons voisins, des amis de longue date… ».

Christian Saint-Germain ne s’illusionne pas non plus sur le moment Québécor actuel, n’attendant pas imiter Marc Laviolette et Bernard Landry, « deux pauvres bougres », « se jetant au pied d’un candidat instable comme Pierre-Karl Péladeau (…) dont le seul talent connu consiste à s’être trouvé avantagé par dévolution successorale ». En parachevant, sans doute, avec PKP les deux derniers échecs référendaires « nous aurions alors atteint un point de non-retour historique, de déshéritage, de déshérance ethnique ». Ce qu’on obtient, en échange : « un chef inexpérimenté au comportement erratique, dans un canular digne des fins de régime péquiste, comme Pauline Marois quittant dans sa rutilante Ferrari, conduite par une sorte de Gaston Lepage de la finance ».

Les Québécois, « ayant l’assurance-maladie comme seule patrie », restent plus que jamais ce « peuple hors de l’histoire », faisant semblant « d’aller dans une direction, alors que dans les faits on rebrousse chemin », coincé « dans une dynamique de pré-arrangement funéraire avec le Canada ».

Nationaliste fatigué Christian Saint-Germain? Peut-être, mais sa plume demeure drôlement combative, langue de feu et non de bois.

À consulter :

— Christian Saint-Germain, L’avenir du bluff québécois. La chute d’un peuple hors de l’histoire, Liber.

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