3Juin
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Histoire

Une paix gâchée, à Versailles, en 1919 ?

Le 28 juin 1919, il y a cent ans, est signé, à la galeries des Glaces, à Versailles, le traité de paix avec l’Allemagne. Une paix gâchée ? On peut le croire. Vingt ans plus tard, le monde va s’enflammer encore plus violemment.  Mais n’allons pas trop vite en posant ce verdict.

Prenons la peine de lire Les Artisans de la paix de Margaret MacMillan (édité chez Livre de poche) avant d’exprimer notre jugement.  L’essai de l’historienne canadienne (une traduction de Peacemakers) reste, près de vingt après sa publication, en 2001, l’un des meilleurs récits sur le sujet : 800 pages d’histoire vivante, vibrante ; un fleuve d’information, une clef nous ouvrant la compréhension du monde contemporain.  C’est que les représentants des puissances victorieuses, réunis à Paris depuis le mois de janvier 1919, en conférence préliminaire (qui devient, finalement, la vraie conférence) sur la Paix, s’attellent à une tâche de vaste ampleur, que dévoile le sous-titre du volume de madame MacMillan :  Comment Lloyd George, Clemenceau et Wilson ont redessiné la carte du monde.

Ils vont, lors de ces mois, liquider de vieux empires, tracer pleines de nouvelles frontières au centre de l’Europe, créer la Yougoslavie, ressusciter la Pologne. Ils s’attardent à d’autres continents, morcellent le Moyen-Orient, encouragent prudemment le projet d’un foyer national juif en Palestine. Le monde actuel est encore bien redevable des décisions qui ont été prises à ce moment-là.

On peut blâmer bien des choses à cette Conférence de la Paix :  des Africains totalement oubliés, le refus d’introduire, à la demande des Asiatiques, une clause de l’égalité raciale dans le préambule du traite, des nationalistes arabes qui se sentent trahis, et qui vont quitter la Conférence.  Mais doit-elle porter l’odieux de la nouvelle guerre qui va éclater en 1939 ?  Pouvait-on ménager l’Allemagne ?

Tous, en 1919, souhaitent orienter l’Allemagne vers un avenir pacifique, mais les négociateurs doivent tenir compte, également, de leur opinion publique.

La France, enjeu considérable, désire avant tout garantir sa sécurité.  La Grande-Bretagne est plutôt pépère.  Ses souhaits se sont réalisés :  une flotte allemande devenue impuissante.  Elle n’a qu’un espoir, se désengager tranquillement du continent.

Quant aux Américains, ils revendiquent n’être pas entrés pas en guerre pour des raisons aussi « égoïstes » que les autres puissances.  Ils l’ont fait pour des causes nobles et grandes, moralement justes : les « Quatorze points » de Wilson, la protection des « faibles », le concept d’autodétermination (qui suscite des milliers d’espoirs, beaucoup trop…).

Pour le président Wilson, la création d’une Société des Nations, qui doit rendre la guerre impossible, importe avant tout.  Il va l’obtenir, mais sans la faire disposer (un souhait des Français) d’une force militaire.  Que valent les décisions de cette S.D.N. sans une force de police pour les faire respecter ? On en subira les conséquences.

On s’entend néanmoins sur une chose :  l’Allemagne porte la responsabilité de ce conflit.  L’Allemagne doit régler la facture. Le Français Clemenceau s’avoue finalement satisfait des conditions.

C’est le choc côté allemand (une Allemagne qui, en rupture avec les précédents diplomatiques, ne participe à aucune rencontre menant à la rédaction du traité définitif) qui, prenant connaissance, le 7 mai 1919, des exigences, croyait encore à une paix de compromis.  Clemenceau réplique :  « Vous avez demandé la paix.  Nous sommes disposés à l’octroyer ».   Ils vont s’y soumettre, le 28 juin 1919, jour anniversaire de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, et de sa femme, à Sarajevo.

La légende noire d’un traité profondément injuste envers l’Allemagne commence à se répandre aussitôt, encouragée par la publication, avant Noël 1919, des Conséquences économiques de la Paix de John Maynard Keynes dressant, contre la France, les opinions publiques en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Rejeter le blâme sur les négociateurs, pour ce qui va tourner mal par la suite, va devenir un lieu commun.

Une fausseté clame l’historienne MacMillan :  « Le tableau d’une Allemagne écrasée par une paix rancunière et injuste est indéfendable ».  Les réparations, entre autres, ne vont jamais atteindre les sommes faramineuses mentionnées en public dans les discussions.  De plus, un ingénieux système d’obligations et clauses complexes font que l’Allemagne ne s’engage qu’à payer la moitié du montant de 122 milliards de marks.  Rien qui l’empêche d’imposer à nouveau sa puissance économique.

Cibler les conférenciers de 1919 comme les coupables de la guerre suivante est un bien mauvais choix, c’est une façon idéale d’éluder les responsabilités, c’est faire abstraction « des acteurs des vingt années qui vont s’écouler ».  « Hitler n’a pas fait la guerre à cause du traité de Versailles ».  Celui-ci, trainant cette légende du « Diktat », était simplement une « aubaine » pour la propagande.

MacMillan ne fait nullement des « Artisans de la paix » de 1919 des figures héroïques.  Elle invite simplement à l’indulgence.  « Ils auraient pu faire mieux, ils auraient pu aussi aboutir à de pires résultats ».  Les véritables perdants furent ces Grecs orthodoxes, éventuellement expulsés d’Asie mineures, ces populations non-européennes non entendues, ces Arméniens et Kurdes réduits à l’impuissance par le nationalisme turc émergent.

Les négociateurs de 1919, souligne finalement l’universitaire torontoise, « ont fait face à des questions immenses et difficiles :  comment maîtriser ces deux passions irrationnelles, le nationalisme et la religion avant qu’elles ne fassent trop de dommages ».  Un débat loin d’être clos: il suffit de lire l’actualité locale.

Les Artisans de la paix.  Comment Lloyd George, Clemenceau et Wilson ont redessiné la carte du monde. Margaret MacMillan, le Livre de poche.

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