Comment Pierre Huet a survécu à 2025

Christian Vachon - 9 février 2026

Une bonne dose quotidienne d’humour, c’est le remède idéal pour survivre aux grands et petits événements chaotiques de notre existence. C’est ce que nous apprend Pierre Huet, bricoleur de chansons pour Beau Dommage et fignoleur du magazine CROC, dans sa Revue de l’année 2025 publiée aux éditions La Presse.

Il en faut des capsules d’humour en pharmacie lorsqu’on est citoyen de Montréal, pour échapper aux périls du R.E.M. (Rarement En Mouvement : « l’automne arrive, sauf à Montréal, parce qu’il ne pourra se rendre à cause de la grève dans le métro et les autobus. Mais ça aurait pu être pire, il aurait pu essayer de prendre le R.E.M. »), de la circulation en ville (« paradoxe montréalais : plus il y a des rues piétonnières, moins il y a des choses qui marchent ») et des quartiers en décrépitude (« Je pense qu’on peut parler de logement insalubre quand les coquerelles t’aident à rentrer les boîtes »).

Un vaccin humoristique, il en faut pour échapper au virus Trump, ce « monstrueux lapin à poil orange », d’autant que l’antidote canadien paraît douteux : « Mark Carney, il était pas dans les Beatles ? »

Il y a de quoi devenir dingue, également, en entendant le français se faire massacrer à la télévision : « ça va hurler dans les brancards », « c’est un vestiaire qui n’abandonne pas », ou ce PRÉMIDITÉ, en grosses lettres, surgissant aux nouvelles de Radio-Canada,

Pierre Huet sait qu’il atteint un âge vénérable lorsqu’au mois d’avril 2025, attendant une ordonnance chez son pharmacien, il discerne ce propos : « Bon, c’est rendu que même Beau Dommage est malade ! »

Loin de nous rendre malade, Pierre Huet nous dorlote en nous faisant partager ses souvenirs, ceux de la Quenouille Bleue, du Grand Cirque Ordinaire (à qui Beau Dommage est bien redevable), de soirées joyeuses avec Michel Rivard, en 1971, lors de ses études universitaires (« si on peut ainsi qualifier quelque chose qui se passait à l’UQAM »).

À son âge, aussi, les funérailles restreignent peu à peu le cercle d’amis. Il pleure Kim Yaroshevskaya et Marianne Faithfull (qu’il voulait épouser dans les années soixante). Il célèbre Julien Poulin, le « rabelaisien timide », l’imprévisible Pierre Foglia, qu’il a côtoyé à CROC, le génial Stéphane Venne, « [s]on sale caractère préféré au monde », et Serge Fiori qui faisait « partie d’une génération de Québécoises et Québécois qui, pour un instant, a eu l’impression de pouvoir changer le monde à coups de chansons ».

Pierre Huet, enfin, use d’un autre médicament miracle : « Il est minuit passé. Un des plus grands plaisirs coupables dans ma vie se résuma à deux mots : lire tard » tout en entendant le chat ronronner. Survient l’extase : « le son de la pluie est tellement beau que je mettrais des paroles dessus. »

On peut, ainsi, survivre à bien d’autres années.

– Christian Vachon (Pantoute), 8 février 2026

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Ma revue de l'année 2025

Pierre Huet - La Presse

Sous la plume alerte et le regard aiguisé de Pierre Huet, les plus petits gestes du quotidien prennent une dimension insoupçonnée tandis que les grands événements de ­l’actualité gagnent en légèreté. De janvier à novembre, jour après jour, l’auteur nous livre ses réflexions, qui, pour être amusantes, n’en sont pas moins profondes. De quoi éclairer l’année 2025 sous un jour nouveau. En prime, les dessins de Garnotte et d’étonnantes pré­dictions pour l’année 2026.

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