Une seconde histoire de MusiquePlus qui en dit plus

Christian Vachon - 5 octobre 2026

Ce n’est souvent pas aisé d’arriver second. Songeons à ce MusiquePlus : du rêve à la réalité : Ses visages se racontent de Stéphane Plante et Mélissa Pelletier, publié ce mois d’août chez Québec Amérique quelques mois, à peine, après la sortie du copieux recueil de Marie-Lise Rousseau La musique dans le sang : une histoire orale de MusiquePlus aux éditions de Ta Mère. À l’aide d’une cinquantaine d’entrevues (deux fois plus nombreuses, en fait, que la compilation de Stéphane Plante et Mélissa Pelletier et incluant, en surplus, les témoignages de Sonia Benezra, Véronique Cloutier, Anne-Marie Whithenshaw, Rebecca Mekonnen et Johanne Ménard), tant des gens de devant que de derrière les caméras, Marie-Lise Rousseau nous transmettait intimement ce feeling d’avoir vécu cette aventure télévisuelle, imprégnée par ce goût d’innover, que fut MusiquePlus pendant trois décennies, au milieu de cette ambiance d’une équipe tricotée serrée. Tout était dit. Rajotte radote malheureusement dans ce MusiquePlus : du rêve à la réalité.

Certes, dans le coloré essai de Québec Amérique, les nostalgiques vont ronronner de plaisir en parcourant les vingtaines de pages contant la préhistoire de MusiquePlus, la genèse, en fait, du vidéoclip et de sa diffusion : les scopitones des années 60 et 70, les Lautrec 81, 82 (et ainsi jusqu’à Lautrec 85) diffusés à Radio-Canada et ce rappel qu’au tout début, en 1986, RBO, à la télé, c’est une émission de vidéoclips avec des sketchs. Le tout est rehaussé d’une interview inédite avec Yves Jacques, le créateur du premier clip québécois, le fracassant On ne peut pas tous être pauvres.

Et comment ne pas franchement se réjouir de survoler, à nouveau, ces histoires des joies du direct, d’entrevues avec des gens « un peu lendemain de veille », du temps (s’éloignant, s’éloignant) des puits sans fond des budgets marketing, de cet humour déferlant furieusement au début des années 2000, de cette « grosse claque sur la gueule » de YouTube et de constat des derniers auditeurs, à la fin des années 2010, face au désolant contenu offert : « Est-ce qu’on doit encore appeler ça MusiquePlus ? »

Plus que dans le parcours de Marie-Lise Rousseau, il faut l’admettre, les interventions de Virginie Coossa, Valérie Simard et Nicolas Tittley, entre autres, nous font constater que, malgré le départ de pionniers comme Benezra et Plourde, « c’était encore [lors de la décennie 2000] les belles années de MusiquePlus », un temps où on devait se réinventer constamment, avant que tout s’effondre par cette invasion de la télé-réalité.

Bref, un peu plus de MusiquePlus, ce n’est jamais trop.

– Christian Vachon (Pantoute), 4 octobre 2026

Essais québécois

MusiquePlus : du rêve à la réalité : Ses visages se racontent

Stéphane Plante, Mélissa Pelletier et Sébastien Dorion - Québec Amérique

« MusiquePlus a permis une déconstruction de la télévision, des règles de la télé : ça n'a pas besoin d'être carré, la télé, ça peut être ce qu'on veut. Et ça, c'est précieux. Ça a créé des esprits libres. »

Au fil de plusieurs décennies, MusiquePlus nous a bercés (ou peut-être plus réveillés) avec des propositions musicales nouvelles, originales et diverses, servies par des esprits bouillonnants et créatifs devant et derrière la caméra. Irremplaçable phare pour les talents d'ici et incroyable fenêtre sur l'international, la station complètement hors norme s'adressait à nous, dans notre voix.

La chaîne a nourri notre imaginaire et renversé les codes télévisuels, en plus de laisser sa marque sur la scène musicale québécoise. Des rêveurs charismatiques nous ont accompagnés de découverte en découverte, portant avec audace des concepts (et des angles de caméra) tous plus éclatés les uns que les autres. À l'occasion des 40 ans de MusiquePlus, ses animateurs nous racontent leur trépidante expérience devant la caméra, des débuts jusqu'à la triste fin de la mythique station.

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