Valeureux Trifluviens

Christian Vachon - 18 mars 2022

Trois-Rivières a un lointain passé qui remonte au début de la colonie lorsque la menace iroquoise force la création, en 1651, de la première milice organisée en Nouvelle-France.  Cette riche histoire des trifluviens mérite d’être connue et on peut enfin l’apprécier dans sa totalité grâce à un magnifique album : Histoire du 12e Régiment blindé du Canada :  L’héritage militaire de Trois-Rivières. Publié dans le cadre des 150 années d’existence de l’unité militaire, cet ouvrage regroupe une équipe de compétents chercheurs :  Richard Aubry, Pierre-Olivier Lair, Ghyslain Raza et Daniel Robert.

 

Ils nous présentent Francois Hertel et son fils Jean-Baptiste Hertel de Rouville, des miliciens trifluviens célébrés pour leurs séries d’exploits militaires et connus sous le nom de « raids des Hertel », entrepris, entre 1690 et 1709, en Nouvelle-Angleterre.

 

Y est aussi décrite la « bataille de Trois-Rivières », ce combat du 8 juin 1776, où soldats britanniques et miliciens locaux vont stopper net l’avance des « Bostonnais » venus envahir le territoire canadien.

 

Ils nous narrent la controversée péripétie du 259e bataillon envoyé, en 1919, à Vladivostok, à l’extrémité de la Sibérie, pour s’opposer à l’expansion du bolchevisme.

 

Ils nous entretiennent d’un Régiment de Trois-Rivières devenu, en 1936, régiment blindé qui doit patienter deux ans avant d’obtenir son premier char.  Le Canada ne dispose pas de suffisamment de chars d’assaut, au début de 1940, pour envoyer dans les premiers mois du second conflit mondial, ses unités blindés en Europe.

 

Les auteurs nous relatent cet entraînement des militaires du régiment blindé de Trois-Rivières, à la fin de l’été 1940, au Camp Borden, en Ontario, sur des chars français Renault, « désuets, fragiles », mais « des vrais chars ». Ces chars qui proviennent des États-Unis sont achetés à titre de ferraille au coût de 20 dollars la tonne, pour « contourner les lois américaines qui empêchent l’exportation d’armes à cause de leur neutralité dans le conflit ».

 

Ils nous rappellent ces années de Guerre Froide où, à partir de 1956, les miliciens trifluviens deviennent responsables de la « survie nationale », s’entraînant à devenir des équipes de nettoyage (décontamination, sauvetage des survivants, premiers soins,…) dans l’éventualité d’une attaque nucléaire.

 

Ils nous évoquent le souvenir du capitaine Charles-Eugène Laviolette perdant la vie au Vietnam lors d’une attaque à la roquette alors qu’il effectue «une mission de maintien de la paix », à bord d’un hélicoptère, au-dessus du territoire Viet-Cong, près de Lao Bao.

 

Surtout, les auteurs nous remémorent, sur plus de cent pages, les innombrables faits d’armes des « cavaliers », bérets noirs du Régiment de Trois-Rivières qui vont s’illustrer, à partir de l’été 1943, en Sicile (le premier duel chars contre chars se produit le 22 juillet 1943) et dans la péninsule italienne, jusqu’en mars 1945.  Perdant 113 camarades lors de ce conflit, les « cavaliers » trifluviens achèvent, au mois de mai 1945, leur brave épopée au Pays-Bas, aux portes du IIIe Reich.

 

Le régiment, officiellement baptisé, le 6 mai 1968, 12e Régiment blindé du Canada se distingue, par la suite, non seulement dans des missions de ou d’appui aux autorités civiles mais, pendant cinq ans dans la région «volubile et dangereuse » de Kandahar, au sud de l’Afghanistan.  Deux militaires, les caporaux Richard Nadeau et Karine Blais, vont perdre la vie dans une intervention de « pacification » qui, avec le recul, se révèle tragiquement futile.

 

Fidèles à leur devise « Adsum » (« Présent »), les « douzième » font maintenant, après des déploiements, en 2019, en Lettonie et en Ukraine, « acte de présence » en Irak, dans le cadre de l’opération Impact, continuant fièrement à porter (les seules à poursuivre la tradition), sur les cols de leur veste d’uniforme, les armoiries de leur ville d’origine, Trois-Rivières.

 

Histoire

Histoire du 12e Régiment blindé du Canada : l’héritage militaire de Trois-Rivières

Collectif - Septentrion

Sous le nom de Three Rivers Provisional Battalion of Infantry, le 12e Régiment blindé du Canada est fondé le 24 mars 1871. Ses membres enrôlés au sein du 178e Bataillon canadien-français ont servi en France lors de la Première Guerre mondiale. Le Régiment se mérite de nombreux honneur de bataille tout au long de la Seconde Guerre mondiale et se démarque à de multiples reprises lors d'opérations nationales et à l'étranger. Ce livre est l'occasion de revivre l'histoire de cette formation unique et de se remémorer ses faits saillants.

Acheter

Commentaires

Retrouvez toutes nos références

Notre catalogue complet