Avez-vous lu Les fées ont soif de Denise Boucher ?

Emmanuelle Côté - 8 avril 2026

On sent son influence chez…

celles et ceux qui refusent que la parole féminine soit réduite au silence. Les fées ont soif a ouvert le chemin aux artistes qui remettent en question les structures patriarcales, pensons à Martine Delvaux ou à Nelly Arcan, mais aussi à une nouvelle génération d’autrices qui dénoncent les violences symboliques faites aux femmes et les contraintes qui leur sont imposées. Cette pièce a bousculé les codes et pavé la voie à un théâtre ouvertement féministe, frontal et poétique. L’audace de Boucher se retrouve aujourd’hui dans les œuvres qui refusent tout compromis devant l’injustice ou l’oppression. On retrouve ces thèmes dans des titres tels que La fille d’elle-même de Gabrielle Boulianne-Tremblay, Le principe du cumshot de Lili Boisvert ou Les glaces de Rébecca Déraspe, et ces exemples ne sont qu’un aperçu. 

On a critiqué… 

la représentation blasphématoire de figures féminines sacralisées, notamment celle de la Vierge Marie, ce qui entraîna censures, débats publics et vives réactions. Le fait même qu’une femme artiste ait été au centre d’une telle controverse révèle la difficulté, encore actuelle, d’accepter un discours féminin qui dénonce l’autorité religieuse et sociale. Certains ont reproché à Boucher de parler trop fort, d’autres de caricaturer le patriarcat ou de simplement vouloir provoquer, alors qu’elle révélait des mécanismes de domination qu’on préférait taire. 

Pourquoi est-il encore pertinent de le lire aujourd’hui ? 

Parce que les débats que soulève la pièce sont toujours d’actualité. Dans un monde où les droits reproductifs sont contestés, où l’accès à l’avortement recule dans certains États américains, où des dirigeants politiques remettent en question des acquis fondamentaux, la pièce de Boucher rappelle que la liberté corporelle et la parole des femmes ne sont jamais acquises, et que la résistance demeure un acte vital.

Théâtre québecois

Les fées ont soif

Denise Boucher - Typo

Œuvre phare du théâtre québécois contemporain, Les fées ont soif met en scène trois personnages dont les monologues s’entrelacent et se répondent : Marie, Madeleine et la Statue, chacune représentant un archétype imposé aux femmes.

Célèbre pour la vive polémique – et les tentatives de censure – qu’elle a suscitées à sa création en 1978, la pièce est remarquable par la vivacité de sa langue et l’audace de son propos, qui s’attaquait de front à la mainmise du patriarcat et de la religion sur la société. Elle a été traduite en plusieurs langues et continue d’être jouée partout dans le monde, un témoignage de la portée universelle de la quête de libération qu’elle porte.

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