Des Ravisseuses qui font frémir le Québec

Christian Vachon - 26 octobre 2026

Seriez-vous le·a prochain·e, comme des milliers d’autres lectrices et lecteurs, à frissonner d’angoisses en parcourant cet éclatant Les Ravisseuses publié au Quartanier ? À moins que vous ne soyez complètement allergique au surnaturel !

Charles Dionne, adepte de l’effroi lovecraftien, nous confronte dès les premières lignes de son récit à l’étrangeté : une patrouilleuse de la Sûreté du Québec découvre un chasseur saoul, endormi au volant, couvert du sang séché… d’un autre homme qu’il aurait peut-être dévoré. Et ce n’est qu’un avant-goût de l’univers perturbant de l’auteur.

Les retrouvailles de quatre amis dans la trentaine, se connaissant depuis l’adolescence,  pour une fin de semaine de chasse dans un chalet de la Mauricie, se transforment, en quelques heures, en un rendez-vous cauchemardesque lorsque le souvenir d’un meurtre revient les hanter par des signes inquiétants : des objets qui disparaissent, Philippe qui ne revient pas, … Et il y Walid, le plus amoché par la vie d’entre eux, qui ne peut plus résister à l’appel de la mort.

L’attention, toutefois, se concentre de plus en plus sur Annabelle, l’excentrique, elle qui a tâté l’occultisme; elle qui, peu à peu, poursuivie par les « ravisseuses », devine qu’une malédiction pèse sur elle : « Tu penses vraiment que tu peux t’amuser de même avec le monde pis qu’il y aura pas de conséquence ? » Finira-t-elle par accepter que nul ne peut échapper à son destin ?

Une histoire de peur et de rituels, déconcertante et troublante, idéale pour Halloween.

– Christian Vachon (Pantoute), 18 octobre 2026

Littérature québécoise

Les ravisseuses

Charles Dionne - Le Quartanier

Comme chaque année en novembre, ils se retrouvent tous les quatre, Anabelle, Walid, Philippe et Rémy, pour une fin de semaine de chasse sur la terre qu'ils possèdent ensemble au cœur de la Mauricie. Ils ont trente-cinq ans et se connaissent depuis l'enfance, mais un secret atroce, presque impossible à porter, les déchire. La survie de leur amitié ne tient peut-être qu'à ces séjours devenus une tradition.

Lorsqu'à la fin de la première journée, Walid et Philippe ne rentrent pas au camp, Anabelle et Rémy craignent le pire. Depuis quelque temps, Walid est agité, il pense à la mort, et ses problèmes de consommation se sont aggravés. La veille, Philippe et lui ont failli en venir aux mains. Et ce matin à l'aube, un coup de feu unique a résonné dans l'air glacial et humide de la forêt.

Ils pourraient n'être qu'égarés. Or Anabelle, au fond d'elle-même, en doute - elle qui, en ce lieu plus que nulle part ailleurs, a toujours ressenti un appel, un appétit vertigineux, irrésistible, qui est son don, et peut-être sa malédiction.

Thriller d'horreur sur la prédestination et la fragilité du libre arbitre, Les ravisseuses raconte la perte d'innocence brutale de quatre enfants au seuil de l'adolescence, et l'échec de leur reconstruction à l'âge adulte. Dans la lignée des œuvres phares de l'horreur surnaturelle, de H.P. Lovecraft à Mariana Enriquez en passant par Stephen King, ce premier roman de Charles Dionne s'interroge sur la part irréductible de nos actes les plus sombres et les plus répréhensibles. Nos crimes nous définissent-ils à jamais ? Certains d'entre nous sont-ils, de naissance, voués au mal ? Que signifie alors de renoncer au sentiment de sa faute pour embrasser sa vraie nature ?

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