Les vacances d’été dangereusement drôles de Fabcaro

Christian Vachon - 4 août 2026

Auriez-vous l’audace, cet été, au risque de mourir de rire, de dévorer cette œuvre dangereusement loufoque de Fabcaro, Les cinq ami·e·s l’échappent belle in extremis, aux éditions 6 pieds sous terre ?

L’ouvrage débordant de nostalgie a une apparence délibérément inoffensive avec sa couverture cartonnée, digne des bibliothèques rose et verte enfantines des années soixante, et son contenu édifiant délivre entre autres ce noble message de tolérance et d’acceptation : « Ce n’était pas la faute de Josefa [la cuisinière] si on ne comprenait rien à ce qu’elle disait. Eux aussi auraient eu du mal à articuler parfaitement s’il avaient été obligés de tout quitter pour aller vivre dans un pays plus évolué que le leur. » Fabcaro sait transformer l’édifiant en ridicule.   Méfiez-vous, le burlesque peut surgir à toutes les pages.

Nathanaël, à l’allure sportive, « mais sachant bien analyser les situations », et sa sœur Garance partent en vacances d’été à la commune de Juan-les-Bains. Ils sont rejoints par leurs cousins, « au teint pâle et maladif », car ils vivent en Bretagne : Apolline, blonde et du même âge que Garance (les deux font preuve de sororité « face au patriarcat qui peut surgir à tout moment au coin d’une rue »), espiègle et dynamique, « mais un peu chochotte », jamais la dernière pour avoir des idées farfelues « malgré ses règles », et Bruno, à la puberté sévère, plutôt timide et sensible, même « s’il n’est pas à proprement parlé efféminé ».

Avec Attila, chien marron au tempérament joyeux, ralentissant parfois les aventures avec ses petites roues (c’est que le père de Nathanaël et Garance, Charles Barral, en reculant un matin sa voiture dans l’allée de la villa, a écrasé Attila par mégarde. « Heureusement, plus de peur que de mal, seules les pattes arrières avaient été touchées »), ils forment les « cinq ami·e·s », décidé·es à « profiter pleinement du soleil, de la mer et des douces soirées en terrasse ! Quelle joie ! »

Mais c’est sans compter cette bien mauvaise surprise : le papa Charles Barral, parti travailler dans le bureau de sa villa (« Des vacances, c’est bien joli, mais si personne ne travaille qui va payer le RSA des fainéants ? »), découvre qu’on lui a dérobé le dossier CFRBL, détaillant la composition de la farce des raviolis en boîte de chez LIDL, « de quoi provoquer un choc dans le monde entier ».

Encore une enquête palpitante, donc, à l’égal de cette « mystérieuse affaire du gang des Polonais » ou de ce scandale « des falafels faits maison », qui va donner bien du fil à retordre aux cinq ami·e·s. Qui donc a bien pu se livrer à un tel acte ?

Les nouveaux voisins ? La plus que méfiante Garance lorgne plutôt ces Roumains aperçus sur la plage. « Que font-ils ici ? Ça n’est pas possible enfin ? »

S’infiltrant dans un vide-grenier « pluriethnique, mais néanmoins sympathique », se déguisant en ravioli et soupçonnant les Roumains de se cacher chez les voisins, les ami·e·s vont bien sûr résoudre ce mystère, célébrant cette affaire « rondement menée » lors d’une soirée « riche en plaisanteries et en biscuits apéritifs », retenant cette belle leçon sur un vivre en harmonie où cohabitent « pandas, tajines, flûtes de pan et conseillères d’orientation ». « Maintenant les vraies vacances peuvent débuter. »

Et ne vous laissez pas distraire, cher·ères lectrices et lecteurs, par ces illustrations accompagnant le récit, du « un peu de n’importe quoi », du « foutage de gueule » photosophé volontaire. Sachez que depuis ses Astérix, Fabcaro a un peu perdu l’habitude de dessiner.

Un 120 pages de délires humoristiques. Fabcaro est l’artiste qui supprime les idées sombres.

– Christian Vachon (Pantoute), 19 juillet 2026.

BD étrangère

Les cinq ami.e.s l'échappent belle in extremis

Fabcaro - 6 pieds sous terre

Voilà enfin les vacances d'été ! Les cinq ami·e·s vont pouvoir profiter pleinement du soleil, de la mer et des douces soirées en terrasse ! Quelle joie !Mais c'est sans compter, hélas, un événement aussi préoccupant qu'inattendu : on a dérobé un dossier de la plus haute importance dans le bureau de Charles Barrai, le père de Garance et Nathanaël !Tout ceci est bien mystérieux... Encore une enquête palpitante qui va donner bien du fil à retordre à nos cinq ami·e·s ! Qui donc a pu se livrer à un tel acte ? On apprendra seulement à la fin que c'est le voisin.

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