Que commémorer au Québec et au Canada en 2026 ? : Note parfaite, soir mémorable, King-Bing et ville utopique

Christian Vachon - 19 janvier 2026

Nadia et sa note parfaite (Nadia Comaneci, une bande dessinée de Marjolaine Solaro et Clem, parue chez Glénat en 2025, nous fait revivre le périple heureux et malheureux, de la gymnaste roumaine), c’est ce que le monde entier célèbre, il y a cinquante ans lors des Olympiades de Montréal de l’été 1976. Jean-Patrice Martel, avec son Raconte-moi les Jeux olympiques de Montréal, édité chez Petit Homme en 2016, fait redécouvrir aux jeunes lecteurs d’autres grands moments émouvants de cette vaste compétition. De quoi faire oublier, pendant deux semaines, entre le 21 juillet et le 1er août, le stade et sa tour inachevée, les dépassements de coûts et l’absence de médaille d’or pour la délégation canadienne, une première dans l’histoire des Jeux pour un pays hôte.

Quelle soirée mémorable, quelques mois plus tard, le 15 novembre, pour des milliers de Québécoises et Québécois : le Parti québécois remporte pour la première fois les élections provinciales ! Ces mots du nouveau premier ministre élu, René Lévesque, prononcés au centre Paul-Sauvé, vibrent pour toujours dans bien des cœurs : « Je n’ai jamais pensé que je pouvais être aussi fier d’être Québécois. […] On n’est pas un petit peuple. On est peut-être quelque chose comme un grand peuple. » Dans le second tome de son Gouvernement Lévesque : Du temps des réformes au référendum de 1980, aux éditions Septentrion, l’historien Jean-Charles Panneton narre comment le Parti tient d’abord sa promesse d’offrir « un bon gouvernement », remodelant le visage linguistique, sociale et agricole de la province avant de se plonger dans la bagarre référendaire sur la souveraineté-association.

Deux échecs plus tard, constatant que les « conditions gagnantes » d’un troisième rendez-vous référendaires demeurent toujours absentes, se sentant incapable de rallumer la flamme souverainiste (« Je n’ai pas le goût de quelque discussion que ce soit sur l’Holocauste et le vote des communautés ethniques et culturelles. »), le premier ministre Lucien Bouchard, chef charismatique de la campagne référendaire de 1995, annonce sa démission le 11 janvier 2001, il y a vingt-cinq. Il quitte officiellement son poste le 8 mars 2001. Bernard Landry, nouveau chef du Parti québécois, le remplace un peu plus tard. Une biographie de ce fougueux politicien, décédé en 2018, Bernard Landry : L’héritage d’un patriote, par Jean-Yves Duthel et préfacé par Lucien Bouchard, est parue chez Libre Expression en 2019.

Quelques semaines après, du 20 au 22 avril, plus d’une trentaine de chefs d’État se rassemblent à Québec lors d’un Sommet des Amériques pour discuter d’une nouvelle zone de libre-échange. Ce ne sont toutefois pas les débats de ces personnages prestigieux qui font les manchettes, mais plutôt les images percutantes des manifestations anti-mondialisation, avec ces affrontements musclés, ces nuages de gaz et ce périmètre de sécurité en clôtures Frost menaçant de s’écrouler.  Québec et son centre-ville sont en état de siège.

Un autre siège se terminait, il y aura deux cent cinquante ans, le 6 mai 1776 : les « Bostonnais », face à l’arrivée de trois navires de la Royal Navy, se repliaient de Québec. Puis, incapables de repousser les Britanniques à la trop méconnue bataille de Trois-Rivières le 8 juin 1776, ils quittaient le Canada, abandonnant définitivement l’idée d’en faire la 14e colonie américaine.  « Que se serait-il passé si le Bas-Canada avait répondu à l’appel des 13 colonies américaines ? »  C’est à quoi s’interroge Pierre Monette à l’aide de l’étude minutieuse de dix-huit documents d’archives dans son Rendez-vous manqué avec la révolution américaine, publié chez Québec Amérique en 2007.

Un autre affrontement, il y a cent ans, nommé l’incident « King-Bing », conduit à des bouleversements politiques majeurs. Lord Bing de Vimy, gouverneur général du Canada, outrepassant ses droits, refuse la demande du premier ministre William Lyon Mackenzie King, leader d’un gouvernement libéral minoritaire, de dissoudre le parlement, préférant alors enquérir le chef de l’opposition, le conservateur Arthur Meighen, à former le nouveau gouvernement. Cet acte mène à une crise constitutionnelle. La perte d’un vote de confiance, quelques semaines plus tard, va malgré tout mener à des élections générales et au retour au pouvoir, en septembre 1926, des libéraux de Mackenzie King. Cet événement mène aussi à une fin définitive, entérinée par une « conférence impériale », de toute possibilité d’ingérence de la couronne britannique dans les affaires canadiennes.

Ottawa n’a pas toujours été Ottawa. Jusqu’en 1855, elle s’appelle Bytown, du nom de cet ambitieux et orgueilleux lieutenant-colonel des Royal Engineers John By, constructeur du canal Rideau, reliant le lac Ontario à la rivière Outaouais, qui, confiant de voir se prospérer un lucratif commerce de bois grâce à son remarquable travail d’ingénierie, décide de créer une ville au débouché de ce canal dans la rivière il y aura cent ans, le 26 septembre 1826.

C’est un poste de traite des fourrures que fondent les Jésuites, il y a trois cent cinquante ans, en 1676, à un autre lieu de rencontres entre deux réseaux navigables, à des milliers de kilomètres à l’est de l’Outaouais : les rivières Saguenay et Chicoutimi. Les Autochtones y font d’ailleurs halte à la fin des portages. L’établissement permanent, avec son four à pain et sa maison du commis, devient, par son achalandage surpassant Tadoussac, le plus important du domaine du Roy dans les années 1740, avant de devenir cette réputée ville de Chicoutimi dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Autre événement marquant dans ce bouillonnant Saguenay, le 26 mai 1926, il y aura cent ans. Le président de l’Aluminium Company of America, exploitant une centrale électrique construite en 1923, l’une des plus puissantes du monde et indispensable au procédé de fabrication énergivore de ce métal, fonde une cité industrielle modèle aux environs de Chicoutimi, nommée Arvida en son honneur (Arthur Vining Davis), où loger cadres et ouvriers de son aluminerie. L’écrivain Samuel Archibald, natif de cette petite utopie nordique (fusionnée, depuis, à la grande ville de Saguenay), construite en cent trente-cinq jours et « peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules », nous raconte dans son Arvida, édité en Boréal compact depuis 2014, des histoires à moitié fausses et à moitié inventées des quatre paroisses de la cité, « mémorables pour leur profonde authenticité » : des jeunes filles innocentes, un meurtre raté, un roadtrip vers nulle part. Allez-vous embarquer ?

– Christian Vachon (Pantoute), 18 janvier 2026

BD étrangère

Nadia Comaneci

Marjolaine Solaro et Clem - Glénat

De sa naissance dans les années 1960 à sa fuite médiatisée aux Etats-Unis en 1989, le parcours de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci, entrée dans l'histoire lors des jeux Olympiques de Montréal en obtenant une note de 10 aux barres asymétriques. Incarnant l'image de propagande que désirait véhiculer le dictateur N. Ceausescu, elle devient ensuite une poupée adulée et instrumentalisée.

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Jeunesse

Raconte-moi les Jeux olympiques de Montréal

Jean-Patrice Martel - Petit homme

Qu'est-ce que les Jeux olympiques de Montréal? - L'événement sportif le plus important de l'histoire du Canada - Une autre grande réalisation du maire Jean Drapeau, après le métro, Expo 67 et le club de baseball des Expos - Près de 200 épreuves sur 24 sites, couvrant 21 sports. En juillet 1976, Montréal accueille les meilleurs athlètes du monde! Les Nadia Comaneci, Bruce Jenner, Greg Joy et de nombreux autres font vivre toute la gamme des émotions aux millions de personnes qui sont témoins de leurs exploits. Découvre les temps forts de cet événement marquant pour le Canada et plusieurs faits étonnants sur l'histoire des Jeux olympiques!

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Histoire

Le gouvernement Lévesque : Du temps des réformes au référendum de 1980

Jean-Charles Panneton - Septentrion

Après avoir remporté la victoire le 15 novembre 1976 dans une ambiance euphorique, René Lévesque et son équipe ministérielle se lancent à pleine vapeur dans de nombreuses réformes d'affirmation nationale. Ils multiplient les livres blancs et verts et déposent notamment des projets de loi sur la langue française, la réforme électorale, la protection du territoire agricole, l'aménagement du territoire et la nationalisation de l'amiante. En revanche, il est plus difficile de concilier les mouvances idéologiques présentes au conseil des ministres sur certaines réformes sociales. Misant sur une démarche étapiste, René Lévesque, après un temps d'hésitation, décide de se lancer dans la bataille référendaire sur la souveraineté-association et appelle le peuple à exprimer son choix le 20 mai 1980. Jean-Charles Panneton présente de l'intérieur le fonctionnement d'un nouveau gouvernement et la vie mouvementée animant tant le conseil des ministres que les conseils nationaux du Parti québécois. À l'aide d'archives originales et de nombreuses entrevues avec les acteurs de l'époque, il reconstitue la trame de cette période effervescente et nous invite à revivre et à comprendre le premier gouvernement Lévesque, porteur d'idées et d'espoir. Historien et politologue de formation, Jean-Charles Panneton a travaillé en journalisme et a enseigné au collège Ahuntsic avant de poursuivre sa carrière en affaires publiques. Il est l’auteur des essais Georges-Émile Lapalme : précurseur de la Révolution tranquille (VLB), Pierre Laporte (Septentrion) et Le Gouvernement Lévesque, tome 1 (Septentrion) qui a été finaliste au Prix du livre politique 2017 remis par le président de l’Assemblée nationale du Québec. Il a collaboré aux ouvrages Duplessis chez Septentrion et Le Devoir, un siècle québécois aux Éditions de l’Homme.

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Biographie & Faits Vécus

Bernard Landry : l'héritage d'un patriote

Jean-Yves Duthel - Libre Expression

« J'ai eu dans ma vie beaucoup de richesses qui n'avaient rien à voir avec l'argent... Lorsque je quitterai ce monde, je sais que je laisserai à mon peuple tant chéri une autre richesse, impalpable, mais réelle : celle d'un pays possible, mais tout de même d'un pays à faire. » Bernard Landry aura marqué le Québec pendant plus de cinquante ans. Il adhère au Parti québécois dès sa fondation et n'abandonnera jamais sa famille politique. Le 2 mars 2001, il devient le 28e premier ministre du Québec. Il laissera en héritage à ses concitoyens une économie moderne adaptée au XXIe siècle, des programmes sociaux novateurs et un traité devenu exemplaire dans le domaine de la reconnaissance des Premières Nations, la Paix des Braves. Il quitte la direction du Parti québécois en 2005 pour reprendre ce qu'il considérait comme la plus noble des fonctions, l'enseignement. Ce grand bâtisseur du Québec est décédé le 6 novembre 2018 à l'âge de 81 ans. Préface de Lucien Bouchard.

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Histoire

Rendez-vous manqué avec la révolution américaine

Pierre Monette et Bernard Andrès - Québec Amérique

Le Québec a failli devenir une des colonies fondatrices des États-Unis d'Amérique. Comptant autant sur le poids des mots que sur la force des armes pour rallier la population québécoise à leur cause, nos voisins du sud ont fait circuler divers écrits qui ont semé dans les esprits des Canadiens un ensemble d'idées nouvelles qui devaient s'avérer bien plus difficiles à déloger que les troupes des rebelles américains. Des idées qui mettaient le mot liberté à la bouche, des idées à la veille de devenir des droits. Dix-huit adresses à la population de la province de Québec ont été diffusées par les parties en conflit. Ces documents ont servi à faire l'histoire de l'invasion, mais nul n'avait encore fait l'histoire de ces documents, une lacune que comble le présent ouvrage en proposant une présentation commentée des adresses aux habitants de la province de Québec diffusées dans le contexte de l'invasion américaine de 1775-1776.

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Littérature québécoise

Arvida

Samuel Archibald - Boréal

À l'autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du xxe siècle par l'industriel américain Arthur Vining Davis.Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l'aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d'Arvida, le long du Saguenay et par-delà l'horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.

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