Quoi de mieux, au lendemain d’un 11 septembre 2001, que de se réfugier dans une salle de cinéma, de regarder Le fabuleux destin d’Amélie Poulain et de voir s’évanouir ces horribles images de deux tours s’effondrant ?
Je me souviens aussi d’un Nostradamus et ses prophéties redevenant en vogue, de l’anthrax nous menaçant tous et de talibans fuyant l’Afghanistan.
Un ouvrage paru tout récemment, Ben Laden, les Talibans et le Pakistan : Les dossiers secrets, chez l’éditeur lyonnais Baudelaire, en dit long sur le double jeu de « l’allié » pakistanais dans cette lutte contre le terrorisme. Et ils sont de retour en Afghanistan, ces talibans, au grand malheur de l’ingénieur agronome Yves Faivre qui souhaite tellement améliorer le sort des populaires villageoises. On le découvre dans cette bande dessinée d’Alain Bujak, illustrée par Andrés Abiuoso : Les cieux noirs : Journal d’un agronome en Afghanistan, parue chez Futuropolis à l’automne 2025. Faivre est enlevé et emprisonné à plus de 70 ans, dès son retour dans ce pays en 2020, après la reprise du pouvoir par les talibans.
Ils risquaient également l’incarcération et même la mort, les représentants des treize colonies américaines révoltées contre la couronne britannique, réunis à Philadelphie lors de ce Second Congrès continental. Ils y ont signé la déclaration d’indépendance il y a deux cent cinquante ans, le 4 juillet 1776. Le texte élaboré par Thomas Jefferson comprend cette phrase qui peut paraître sublime : We hold these truths to be self-evident that all men are created equal, sachant toutefois qu’elle s’appliquait uniquement, à l’époque, aux hommes libres et non aux esclaves. Un essai universitaire, édité chez Armand Colin, La révolution américaine et la naissance des États-Unis : 1763-1800, rend compte des dimensions complexes et variées de cet événement qui a indéniablement bouleversé la marche du monde.
Il y a cinquante ans, le 2 novembre 1976, l’année du bicentenaire de cette révolution américaine, les Américaines et les Américains font table rase des Nixoniens et de leurs magouilles en élisant de justesse (297 grands électeurs contre 240) un quasi inconnu, un planteur de cacahuètes devenu gouverneur de la Géorgie, à la présidence du pays : Jimmy Carter. L’homme va décevoir par son apparent manque d’assurance lors de graves crises, notamment cette prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran, en Iran, en 1980, poussant l’arrivée au pouvoir du « patriote » républicain Ronald Reagan.
L’armée américaine connaît un épouvantable désastre cent ans plus tôt, le 25 juin 1876, demeuré dans l’inconscient collectif de la nation comme The Last Stand. Cette histoire a lieu lorsque le peut-être trop impétueux colonel George Custer et ses 237 compagnons du 7e régiment de Cavalerie sont massacrés jusqu’au dernier par le millier de Sioux et de Cheyennes rassemblés au Little Big Horn au Montana. Depuis, on ne cesse de faire l’expertise de ce combat aux multiples controverses.
Une bande dessinée qui s’en tient aux aspects mythiques, Little Big Horn de Luca Biengino et Davide Goy, illustrée par Antoine Giner-Belmonte, est parue chez Fayard/Glénat en 2023. L’historien David Cornut, dans son Little Big Horn : Autopsie d’une bataille légendaire, édité chez du Rocher en 2018, entreprend une relecture des sources officielles en insistant sur l’orientation de la politique mise en place par le président Grant pour « incriminer Custer et dégager ses responsabilités dans cet événement ». Dans C’est un beau jour pour mourir : L’Amérique de Custer contre les Indiens des Plaines (1865-1890) de James Welch, paru dans la collection « Espaces libres » d’Albin Michel en 2022, l’auteur adopte le point de vue des Autochtones dans leur lutte contre l’envahisseur blanc les dépossédant de leurs terres.
Ce combat contre l’envahisseur remonte en fait à peu plus de deux siècles. En 1676, il y a trois cent cinquante ans, s’achève la King Philip’s War. Les peuples autochtones Wampanoag et Narragansett, les premiers à s’opposer à la poussée colonisatrice en Nouvelle-Angleterre, courbent l’échine malgré la prise de 90 villages et l’incendie de Providence, en Rhode Island. Les Blancs sont trop nombreux à envahir l’intérieur des terres.
Cinquante ans plus tôt, en 1626, les intrus ne sont pas des colons anglo-saxons, mais des marchands de fourrures hollandais en compétition avec les Français au nord. L’un d’eux, lors de cette année-là, un calviniste d’origine tournaisienne du nom de Pierre Minuit (ou Minnewit), achète une île à l’embouchure du fleuve Hudson, qu’il baptisera du nom de Manhattan, au prix de 60 florins pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes Occidentales.
Quittons ce Nouveau Monde pour cet Ancien, de l’autre côté de l’océan. Il y a deux mille ans, à l’an 25, alors que l’empereur Tibère se retire définitivement à l’île de Capri, laissant Séjan gérer (trop personnellement) les affaires courantes à Rome, un certain Ponce Pilate est nommé préfet en Judée.
Un titre fort révélateur, Ponce Pilate : Une énigme entre histoire et mémoire d’Aldo Schiavone (paru chez Pluriel en 2020), expose comment ce fonctionnaire, un homme qui n’a pu éviter la crucifixion à Jésus et dont on ne sait pratiquement rien, a marqué l’imaginaire chrétien. Tout récemment, en guise d’exemples, les Mémoires de Ponce Pilate, d’Anne Bernet, sont parus chez l’éditeur de Perpignan Ephata, tandis que les Lettres de Ponce Pilate sont rassemblées par le « compilateur » Didier Laroque qui tente de mettre en lumière la dignité morale, la sensibilité et l’intelligence de l’immensément célèbre et illustre inconnu, préfet de Judée.
La prospère Antioche, plutôt que l’apathique Jérusalem de Jésus, rayonne dans ce Proche-Orient devenu chrétien… jusqu’à ce tremblement de terre dévastateur, en 526 (il y a 1 500 ans), qui fera près de 300 000 victimes. La ville en ruine ne retrouvera plus sa splendeur passée, une splendeur dévoilée par ce Gloire d’Antioche d’Hiéromoine Elisée, édité au Cerf en 2026.
Les Ottomans imposent leur domination sur ce Proche-Orient à la moitié du millénaire suivant. Après la chute de Constantinople en 1453, ils poursuivent leur expansion vers l’Ouest, vers le centre de l’Europe. Un de leurs grands adversaires, le royaume hongrois, s’effondre lors d’une bataille, il y aura cinq cent ans, le 29 août 1526. Le Mohacs (1526) : Soliman le Magnifique prend pied en Europe centrale de Janos B. Szabo chez Economica (collection « Campagnes & Stratégies »), nous conte comment l’Empire Ottoman va de succès en succès face à une chrétienté divisée. Le roi de France, notamment, fait même alliance avec eux. Prochaine étape : Vienne.
Cet empire ottoman est fort malade à la fin du XIXe siècle, alors que l’Europe, maintenant prospère, étend partout, à travers le monde, les « bienfaits » de sa civilisation. De son palais des petites îles britanniques, la souveraine Victoria règne sur plus de 350 millions de sujets, le quart de la population mondiale. Un Royal Titles Act, en 1876, lui permet même de porter le titre d’Impératrice des Indes.
Le roi ambitieux de la minuscule Belgique, Léopold II, veut lui aussi avoir sa part du gâteau et participer à cette course aux colonies qui fait fureur en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et bientôt en Italie. Il imagine, cette même année 1876, il y aura cent cinquante ans, un stratagème à l’issue d’une conférence géographique à Bruxelles : fonder une société privée, l’Association internationale africaine, un paravent philanthropique lui permettant de gérer le Congo. Le résultat : une criminelle gestion personnelle des richesses de l’Afrique centrale (caoutchouc, ivoire, …) pendant deux décennies qui fera même honte aux autres puissances coloniales. Le titre de l’essai d’Adam Hochschild, dans la collection « Texto » de Flammarion, en fait foi : Les fantômes du roi Léopold : La terreur coloniale dans l’État du Congo, 1884-1908.
En Asie, le Japon souhaite échapper à cet Occident conquérant, préserver son indépendance et éviter toute forme de tutelle. Pour y parvenir, il se « modernise », souhaitant devenir une nation riche équipée d’un État et d’une armée forts. Les samouraïs, reliquats d’un féodalisme devenu désuet, en paient le prix en cette même année 1876 avec cette interdiction de porter le sabre en public. L’affront est insupportable. Plusieurs oseront se rebeller. Les samouraïs, de Benjamin Brillaud, nous fait découvrir comment cette insoumission mène à leur disparition définitive, léguant, malgré tout, un immense héritage.
Cent ans plus tard, en 1976, c’est au tour de la Chine d’entamer un recentrage politique crucial avec cette arrestation de la « Bande des Quatre » en octobre, quelques mois après la mort de Mao. Les plus ultras des radicaux gauchistes sont menés, entre autres, par la veuve même du Grand Timonier. Le nouveau leader désigné, Hua Guofeng, voulant en finir avec les expériences idéologiques meurtrières et catastrophiques, impose sa mainmise sur le Parti. Perce aussi cette influence naissante d’un Deng Xiaoping, à peine réhabilité, partisan d’une « voie capitaliste ». Va-t-il parvenir à réaliser ce qui apparaît improbable : refaire de la Chine une puissance économique ?
Enfin, en cette même année 1976, dans la nuit du 3 au 4 juillet, un exploit stupéfiant se produit, suscitant les acclamations d’une bonne partie du monde occidental : un commando décollant d’Israël parvient à libérer à Entebbe, en Ouganda, au beau milieu de l’Afrique, une centaine d’otages. Ces otages viennent d’un vol détourné d’Air France et sont détenus par des terroristes pro-palestiniens. Il est bien loin ce temps où les combattants israéliens soulevaient l’enthousiasme.
– Christian Vachon (Pantoute), 21 décembre 2025
Ben Laden, les Talibans et le Pakistan : Les dossiers secrets
Dans un premier ouvrage consacré à Oussama Ben Laden, publié la veille du 11 septembre 2001, Roland Jacquard a exposé les structures clandestines d'Al-Qaïda ainsi que ses capacités militaires dans les camps d'entraînement djihadistes situés en Afghanistan et au Pakistan...
AcheterLa révolution américaine et la naissance des Etats-Unis : 1763-1800
Des regards et des perspectives variées autour de la révolution américaine, un événement complexe que les auteurs décloisonnent en prenant également en considération les dimensions continentales et atlantiques et en poursuivant jusqu'à l'année 1800. Une partie du livre est ensuite consacrée à la question de son héritage et de ses traces mémorielles, jusqu'au XXIe siècle.
AcheterLittle Big Horn
En 1876, le gouvernement américain déclare la guerre aux Sioux afin de s'emparer de l'or trouvé dans les Black Hills, leur terre sacrée. Sitting Bull décrète alors l'union sacrée et prend la tête d'une vaste coalition de Sioux et de Cheyennes. Le 25 juin, le lieutenant-colonel Custer mène l'assaut à Little Big Horn mais les tuniques bleues essuient une défaite cinglante.
AcheterLittle Big Horn : autopsie d'une bataille légendaire
Chef de guerre cheyenne Two Moon. Un brûlant dimanche de juin 1876, dans la vallée de la Little Big Horn, au coeur de l'Ouest américain : une coalition de Sioux et Cheyennes, réunie par les chefs Sitting Bull et Crazy Horse, anéantit le 7e de cavalerie du général Custer. Immédiatement, la bataille est propulsée au rang de mythe identitaire des États-Unis. Un mythe qui dure : à ce jour, aucune bataille nationale ne déclenche une telle fascination outre-Atlantique. L'historien, pour sa part, se retrouve face à de nombreux mystères : la défaite était-elle due aux erreurs et aux ambitions de George Armstrong Custer ? Comment les Indiens ont-ils vécu leur victoire emblématique ? Comment expliquer ces témoins que l'on a voulu faire taire ou ces cartes truquées ? Du fracas de la guerre de Sécession aux clameurs des Grandes Plaines, l'auteur nous plonge dans une Amérique brutale, brossant le portrait sans fard des icônes Custer, Sitting Bull et Crazy Horse mais aussi d'acteurs moins connus de la période. L'immersion se poursuit avec la bataille elle-même, qui reprend vie à hauteur d'homme, à travers la voix de dizaines de témoins oculaires et d'experts. Fruit de sept ans de recherches et de voyages sur le terrain, cette « autopsie » d'une légende a été considérée dès sa première édition comme la référence sur le sujet.
AcheterC'est un beau jour pour mourir : l'Amérique de Custer contre les Indiens des Plaines (1865-1890)
Au début des années 1860, l'Amérique décide d'en finir une bonne fois pour toutes avec les Indiens. La guerre de Sécession terminée, c'est à l'armée qu'incombe la tâche de régler le « problème indien ». Or le 25 juin 1876, le général Custer et son régiment sont anéantis par « l'ennemi » sur les rives de la Little Bighorn. Ce jour-là, Crazy Horse et Sitting Bull infligent à l'Amérique sa plus désastreuse défaite. Elle annonce pourtant la fin d'un monde : lors des années qui vont suivre, tous les Indiens finiront parqués sur des réserves.. C'est la version indienne que James Welch s'attache ici à faire revivre. Relatant, par-delà les mythes et les malentendus, l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire américaine, il dit la fierté et le désespoir d'un peuple privé de ses droits, et devenu étranger sur sa propre terre.
AcheterPonce Pilate : une énigme entre histoire et mémoire
Seul dialogue connu de Jésus avec un représentant de l'autorité romaine, la confrontation de Ponce Pilate avec le Christ est un épisode unique dans le récit chrétien. Jalon majeur du drame de la Crucifixion, il est à l'intersection entre histoire impériale et mémoire religieuse. Retraçant les étapes qui ont conduit Jésus à la mort et analysant le contexte historique de la Judée antique, Aldo Schiavone construit un portrait magistral du préfet romain, de sa culture, de son cadre de pensée. Et si l'auteur interroge les événements qui ont abouti à la condamnation de celui qui se présentait comme le Fils de Dieu, son propos est bien plus d'explorer les contours d'un face à face, presque un duel, entre deux hommes, entre deux traditions. Il guide alors le lecteur jusqu'à un épilogue surprenant et inattendu, aux fondements d'une mémoire qui a nourri et façonné les formes de la pensée occidentale moderne.
AcheterMémoires de Ponce Pilate
De Pilate, la postérité garde le souvenir du fonctionnaire prudent jusqu'à la lâcheté qui, ne pouvant sauver un condamné dont il a pourtant affirmé l'innocence, choisit de se laver la main, refusant de porter la responsabilité de ses actes. Et pourtant, si l'histoire était tout autre... et Pilate le héros involontaire d'un drame sur lequel, en dépit de ses efforts, il n'a aucune prise. S'appuyant sur l'ensemble des sources disponibles, dans un travail dont le sérieux historique a été salué, tout comme la profondeur spirituelle, Anne Bernet propose une biographie romancée du procurateur de Judée devenue, depuis sa parution initiale en 1998, un classique du roman chrétien traduit dans une douzaine de langues et au succès jamais démenti.
AcheterLettres de Ponce Pilate
Ponce Pilate ne fut pas un personnage falot, pusillanime, ou seulement politique. La publication de ses lettres fait connaître sa dignité et lui confère une envergure nouvelle. Bien après son retour de Judée, l'ancien préfet habite ses villas, regarde le monde en poète, vit quelques aventures et réfléchit, aspirant à une paix procurée par la raison. Il comprend peu à peu sa rencontre avec le Christ.
AcheterMohacs (1526) : Soliman le Magnifique prend pied en Europe centrale
Mohács : une ville moyenne hongroise près du Danube dont le nom reste à jamais gravé dans la mémoire collective européenne. C'est ici que les armées de Soliman le Magnifique écrasèrent l'armée du jeune roi de Hongrie et de Bohême, Louis II qui trouva aussi la mort sur place. Le nom de Mohács est symbole du déclin de la monarchie hongroise, puissance moyenne au Moyen Âge, et celui de la percée ottomane en Europe centrale. Les conséquences de cette bataille sont lourdes pour l'avenir de l'Europe : la Hongrie éclate bientôt en trois parties et devient un terrain d'opérations militaires et de revendications politiques pendant 150 ans. Les puissances européennes prennent activement part aux événements : la Maison d'Autriche s'empare de la partie occidentale du Royaume de Hongrie tandis que la France se lance dans une politique de coopération diplomatique et militaire avec l'Empire ottoman.
AcheterLes fantômes du roi Léopold : la terreur coloniale dans l'Etat du Congo, 1884-1908
Dans les années 1880, le roi Léopold II de Belgique s'empare à titre personnel de l'immense bassin du fleuve Congo, afin de faire main basse sur ses prodigieuses richesses. Réduite en esclavage, la population est soumise au travail forcé, subit tortures et mutilations, au point qu'on estime à dix millions le nombre de victimes africaines du monarque et de ses serviteurs. Au début du XXe siècle, des voix s'élèvent contre ces atrocités. Edmund Dene Morel et à sa suite une poignée de chefs rebelles, de voyageurs, de missionnaires et d'idéalistes vont donner naissance au premier mouvement international de défense des droits de l'homme et l'emporter sur le souverain mégalomane.
AcheterLes samouraïs
Les samouraïs incarnent l'image d'un Japon Iconique. Figures militaires et morales majeures pendant près de mille ans, ils fascinent toujours. Qui sont-ils vraiment ? C'est ce qu'explore Benjamin Brillaud avec un collectif d'experts chevronnés. . Derrière les fantasmes se cache une réalité complexe et méconnue. Cette synthèse inédite, réalisée par les meilleurs historiens, retrace mille ans d'histoire : l'apparition de cette caste guerrière, ses codes d'honneur, son art de la guerre, ses figures légendaires. De la féodalisation du Japon jusqu'à l'ère Meiji, découvrez comment les samouraïs ont façonné une civilisation entière. Une plongée passionnante dans un univers familier et mystérieux, dont l'héritage inspire encore aujourd'hui écrivains et cinéastes. Voyage dans le temps et le Japon mythique et historique. « C'était un enjeu de réaliser une synthèse claire et à jour scientifiquement de ce qu'a été le samouraï sur plus de dix siècles d'histoire. »
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