Nous sommes des milliers de lecteurs au Québec, surtout depuis cette fin enthousiasmante de La femme papillon, à attendre ardemment, depuis plusieurs mois, le retour du si attachant duo Bonneau et Lamarche de Jean-Louis Blanchard. Le cinquième tome de cette série, Le sanctuaire des crabes, rassurez-vous, n’est rien de moins que percutant : un journaliste d’enquête assassiné, une fusillade, un policier abattu, un suspect en fuite que tant les gangs de rue que les forces de l’ordre tentent de retrouver les premiers, pour le faire taire ou le faire parler.
Mais les pistes menant au coupable semblent trop visibles. Y a-t-il double jeu ? L’histoire s’entortille et la SPVM lance un message fort, faisant appel à un personnage très, très coloré, le lieutenant Bonneau, pour démêler tout cela. Que voulez-vous ? Les conclusion des affaires du Silence des pélicans et des Os de la Méduse en sont les preuves : il est le seul (bien que, admettons-le, son jeune adjoint Lamouche parvient astucieusement à le faire passer pour un génie) apte à résoudre des cas complexes, ayant cette capacité inouïe de dire des choses anodines menant à des pistes imprévues, tout en s’enfargeant prodigieusement dans les mots, contrecoup d’une carence de culture générale (ça donne un « festival de musique de chambre à coucher » ou un « la justice peut pas avoir les bras longs quand elle a l’estomac dans les talons »).
Le nouveau récit de J.-L. Blanchard aborde cette thématique fort pertinente de la nouvelle violence urbaine, d’un « crime désorganisé », de jeunes en quête d’argent, de pouvoir, de plaisirs faciles, proies de choix pour les rapaces (qu’un personnage bienveillant de son roman tente de rescaper en les isolant dans son « sanctuaire des crabes »), tout en nous faisant réfléchir sur un « système bancaire s’intégrant à un système criminel ». Du réfléchi et de l’émouvant, certes. Mais du beaucoup moins délirant que La femme papillon précédent. Bonneau perd de son éclat destructeur. Pas de catastrophe monumentale de sa part pour clore le suspense.
Espérons que Jean-Louis Blanchard saura insuffler un nouvel élan à dynamique haute en couleur Bonneau/Lamouche, nos Haddock et Tintin de la littérature policière québécoise.
– Christian Vachon (Pantoute), 28 juin 2026
Le sanctuaire des crabes
Une fusillade sur la terrasse d’un restaurant, un journaliste d’enquête assassiné, un policier abattu froidement... la soirée qui s’annonçait paisible prend des airs de carnage. L’insécurité gagne la ville, la pression médiatique est intenable, d’autant plus que dans sa fuite, le principal suspect déclenche une nouvelle cascade d’évènements tragiques. Chargé de l’affaire, l’étonnant duo Bonneau et Lamouche doit mettre fin au plus vite à cette hécatombe ! Mais les pistes menant au coupable auraient-elles été délibérément brouillées ? Tous ces cadavres sur leur chemin ne seraient-ils que des pions sacrifiés sur l’échiquier du crime organisé ? Et si oui, quel sombre secret veut-on ainsi protéger et au profit de qui ?
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